18 Janvier 2019

Congo-Kinshasa: Intolérance post-électorale - La société civile dénonce le risque de manipulations des querelles ethniques

Au regard des manipulations et querelles tribales constatées en marge des élections générales du 30 décembre 2018 en RDC, les acteurs de la société civile et mouvements citoyens congolais craignent le risque de fragilisation des acquis de ces élections. Ils appellent à « la paix, l'unité, la concorde nationale et la sauvegarde des acquis des luttes communes dont l'alternance au sommet de l'Etat ».

Conscients de leur rôle déterminant dans le processus démocratique, les acteurs de la société civile issus des Organisations non gouvernementales (Ong) et mouvements citoyens de la République démocratique du Congo (RDC) jouent aux sapeurs pompiers.

« Notre seul bien commun, le Congo, notre pays, ne doit pas brûler et n'a pas besoin de sang supplémentaire », ont-ils lancé dans une déclaration commune faite, jeudi 17 janvier 2019 à Kinshasa. Ainsi, ils appellent tous les congolais, les Ong et mouvements citoyens à « œuvrer pour la paix, l'unité, la concorde nationale et la sauvegarde des acquis des luttes communes dont l'alternance au sommet de l'Etat ». Ils estiment que chacun, en ce qui le concerne, devrait développer en ce temps un discours de paix et de fraternité.

C'est Me Georges Kapiamba, président de l'Association congolaise pour l'accès à la justice (Acaj) qui a lu la déclaration commune des acteurs de la société civile et des mouvements citoyens, après une minute de silence observée en mémoire de toutes les victimes de l'intolérance politique post-électorale.

Pour les signataires de cette déclaration, l'élection présidentielle du 30 décembre dernier, « bien qu'entachée de graves irrégularités, a été une sanction sans appel contre le régime sortant ». Ainsi, exhortent-ils les deux principaux leaders de l'opposition (à savoir : Félix Tshisekedi et Martin Fayulu), à « un rapprochement rapide et un dialogue sincère ». Ce, « dans l'intérêt suprême de la Nation, transcendant les considérations individuelles et partisanes de leurs structures politiques respectives », souligne la déclaration.

Non à la récupération et la manipulation politiques

Alors qu'ils redoutent le risque de l'embrasement généralisé et d'effusion de sang au pays, les signataires de la déclaration disent non à la récupération et à la manipulation politiques des conflits ethniques, tribaux et identitaires. C'est pourquoi, ils saluent le recours, par les acteurs politiques, aux instances judiciaires pour trancher les contentieux électoraux, conformément à la législation en matière.

Rappelant le contexte de leur déclaration, le porte-parole du mouvement « Les congolais debout », Paul Diakiese a insisté sur le fait que « nous sommes ici pour dénoncer le risque important de manipulations des querelles ethniques », avant d'ajouter que « Nous allons dénoncer et exposer toute tentative de chercher à tribaliser les résultats électoraux ».

Il a soutenu que lors de la campagne électorale, les candidats sont allés au-delà de ce qu'on aurait pu appelé « leurs bases biologiques et tribales ». Mais, a-t-il poursuivi, le peuple congolais a prouvé sa maturité politique quant à ce. « On ne peut pas amener le peuple à des querelles tribales et ethniques pour des intérêts politiciens. »

En outre, les acteurs de la société civile et mouvements citoyens appellent les instances de justice habilitées, à dire le Droit en toute « indépendance et impartialité ». Ce, avant de promettre de demeurer « vigilants » afin que le nouveau président et son futur gouvernement respectent les droits humains et libertés fondamentales et luttent contre « la gabegie, l'impunité, le clientélisme et le culte de personnalité ».

Pour Paul Diakiese, les élections du 30 décembre constituent « l'aboutissement du combat de longue haleine au cours duquel nous avons perdu les gens et eu des blessés, des arrêtés et des exilés ». « Nous nous retrouvons dans un contexte de bilan et de perspective. Parce qu'on est bien conscient que, la lutte continue et elle n'a fait que modifier la configuration de la scène de combat », a-t-il précisé.

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