Madagascar: Mahazoarivo - Suspense total après la démission du gouvernement Ntsay

Ntsay Christian, nouveau Premier ministre

Le gouvernement démissionnaire est chargé d'expédier les affaires courantes jusqu'à la formation de la nouvelle équipe.

Le dilemme serait dur à trancher : un gouvernement de technocrates ou un gouvernement de politiciens ?

Le Premier ministre Ntsay Christian a remis sa démission et celle de son gouvernement au président de la République nouvellement élu après l'investiture de ce dernier qui s'est tenue samedi dernier au stade municipal de Mahamasina. Ce samedi même, le locataire d'Iavoloha a pris un décret lu en début de soirée par le secrétaire général de la Présidence de la République et portant acceptation de cette démission, et chargeant en même temps le gouvernement démissionnaire d'expédier les affaires courantes jusqu'à la mise en place de la nouvelle équipe gouvernementale. Après la prise de ce décret, l'opinion publique s'attendait à la nomination du nouveau Premier ministre, mais contrairement à ce qu'on a laissé entendre depuis quelques jours, le nouveau président a évité la précipitation. D'ailleurs, la Constitution n'impose aucun délai pour la nomination de ce nouveau Premier ministre et celle des membres de son gouvernement. Par contre, la loi fondamentale dispose que « le président de la République nomme le Premier ministre, présenté par le parti ou le groupe de partis majoritaire à l'Assemblée nationale (... ). Sur proposition du Premier ministre, il nomme les membres du gouvernement et met fin à ses fonctions. » (article 54) et que « Dans les trente jours de sa nomination, le Premier ministre présente son programme de mise en œuvre de la politique générale de l'Etat au Parlement qui peut émettre des suggestions. » (article 99).

Gouvernement d'élection. Après la nomination du nouveau Premier ministre, il lui faudra encore le temps pour mener ses consultations auprès des pressentis ministres. Jusqu'ici, il n'y a que des spéculations tant sur la structure du futur gouvernement (nombre et dénomination des ministères) que sur les personnalités qui vont le composer. D'un côté, on laisse entendre que le nouveau gouvernement serait composé de 18 ministères et de 4 vice-primatures. De l'autre, on essaie de véhiculer que la future équipe gouvernementale serait une équipe de technocrates. Par ailleurs, les bruits des coulisses font croire que le Premier ministre démissionnaire Ntsay Christian serait reconduit. Pour ceux qui soutiennent cette possibilité, ils rappellent la déclaration faite par Ntsay Christian lors de sa passation de pouvoir avec son prédécesseur Mahafaly Solonandrasana Olivier, selon laquelle il allait mettre en place un gouvernement d'élection. Si l'on s'en tient donc à la logique, Ntsay Christian devrait rester jusqu'aux Législatives dont le calendrier reste dans l'incertitude malgré la proposition de la CENI qui a fixé la date de 20 mars. S'il s'agirait donc d'un gouvernement d'élection, le futur gouvernement ne serait donc qu'une sorte de gouvernement de transition. La véritable équipe gouvernementale qui s'occupera de la mise en œuvre de l'IEM sera mise en place après la députation.

Cadre constitutionnel et légal adéquat. Mais, la question qui se pose est de savoir si le nouveau président de la République Andry Rajoelina attendra les Législatives pour démarrer la réalisation de l'IEM. Quoi qu'il en soit, force est de reconnaître que le nouveau président de la République aura besoin d'un cadre constitutionnel et légal adéquat s'il veut réussir dans la mise en œuvre de son ambitieux programme qui est l'IEM. La mise en place des gouvernorats régionaux qui auront une mission plutôt économique n'est prévue ni par la Constitution, ni par les différents textes de loi et réglementaires sur la décentralisation et la déconcentration. Bref, des réformes textuelles s'imposent, sans parler des réformes structurelles et institutionnelles qui devraient répondre aux exigences de l'IEM.

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