21 Janvier 2019

Afrique de l'Ouest: Construction du pont CEDEAO sur le fleuve Gambie - Quand les atermoiements de Jammeh profitent à Macky

Photo: © RFI/Guillaume Thibault
Le nouveau pont entre la Gambie et le Sénégal.

Le pont sur le Fleuve Gambie sera inauguré ce lundi 21 janvier 2019 par les chefs d'Etat de la République de Gambie, Adama Barrow et de la République du Sénégal, Macky Sall. La première pierre de cette infrastructure a été posée le 20 février 2015, mais les travaux prévus sur une durée de 30 mois ont connu un retard.

Le pont est long de 942 m, avec une hauteur de 18 m et une largeur de 12 m et permettra de faire, par voie terrestre, les 450 km qui séparent Dakar de Ziguinchor en moins de 8 heures, selon les prévisions du projet.

Premier ouvrage sous-régional dont l'exécution est partagée par deux pays (Gambie et Sénégal, bien qu'il soit entièrement sur le territoire Gambien), la construction du pont de Farafenni a nécessité un financement conjoint de près de 50 milliards de F CFA (75 millions d'euros) provenant principalement de la Banque africaine de développement (BAD).

Il appartient au corridor de transport routier transgambien qui constitue une passerelle stratégique et économique reliant le Nord et le Sud de la Gambie et du Sénégal et, par ricochet, l'ensemble des pays de la CEDEAO notamment dans la partie (du corridor) qui s'étend de Dakar (Sénégal) à Lagos (Nigéria).

Seulement, contrairement à la compréhension de nombre de Sénégalais, même s'il a été réalisé sous l'ère Macky Sall, ce projet de pont est antérieur aux deux derniers régimes. Il remonte au règne du parti socialiste, et a pris forme sous Abdou Diouf.

Selon le rapport dévaluation de la BAD de septembre 2011, les études de faisabilité et la conception détaillée de la construction du pont de Farafenni, enjambant le fleuve Gambie, sont terminées en 1998.

Elles ont été actualisées entre 2007 et 2010, grâce au financement de la Banque (à hauteur de 99,07%) et approuvées par les deux Etats (dont les apports respectifs s'élèvent à 0,24% pour la Gambie et 0,69% pour le Sénégal), via l'OMVG supervisant les études.

Mais, les yoyos et humeurs de l'ancien président gambien, Yahya Jammeh, (au pouvoir du 22 juillet 1996, après un coup d'Etat, au 21 janvier 2017) ont constitué le principal obstacle à son effectivité.

D'ailleurs, selon les prévisions d'alors, le projet devrait être réalisé sur une période de cinq ans (2012-2017).

En effet, le Calendrier d'exécution - principales étapes - prévoyait l'approbation de la note conceptuelle en septembre 2011, suivie de l'approbation du projet en décembre 2011, de l'exécution en juin 2012, le dernier décaissement en mai 2017, après l'achèvement en mai 2016.

Le dernier remboursement (Sénégal) est prévu en juin 2062, soit un échéancier de 50 ans, avec une période d'amortissement de 10 ans.

Et, relève le document, compte tenu de son envergure, de sa complexité et du fait que ses différentes composantes ne seront pas prêtes en même temps, le projet sera exécuté en deux phases.

La Phase I, objet de ce rapport d'évaluation de septembre 2011, porte sur la construction du pont transgambien et deux (2) guichets uniques (Postes frontières juxtaposés - PFJ) alors que la Phase II a tait à la réhabilitation des 137 km de routes entre Sénoba et Ziguinchor au Sénégal et la consolidation du revêtement des 24 km de routes comprises entre Farafenni et Sénoba en Gambie. Le coût global de la Phase I du projet, y compris les contributions des deux pays, s'élève à 67,36 millions d'UC.

Pour l'interconnexion Est-Ouest en Afrique de l'Ouest, ce pont est une des grandes charpentes du corridor devant relier Dakar à Lagos, capitale du Nigeria, en passant par Bissau et Conakry. Il s'agit d'un outil important dans le cadre des échanges commerciaux.

On estime que l'ensemble de la circulation (la circulation normale, déviée et générée) passera de 532 véhicules/jour en 2011 à 2911 en 2046. La population impactée est estimée à 925.206 habitants, dont 52% de femmes.

De plus, le pont réduira sensiblement la distance parcourue par les voyageurs sénégalais entre les régions du Nord et du Sud en ce sens que la distance entre Dakar et Casamance sera réduite de 378 km par rapport au trajet par Tambacounda.

Pour ce qui est des organes d'exécution, dans chaque pays, les composantes du projet seront réalisées par les autorités routières respectives, notamment la Régie routière en Gambie (NRA) et AGEROUTE au Sénégal.

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