Afrique de l'Ouest: Kaolack - Un ouvrage conçu pour le renforcement de l'intégration sous-régionale

Le nouveau pont entre la Gambie et le Sénégal.
21 Janvier 2019

Annoncées en grandes pompes au Sénégal, en Gambie et dans le reste de la sous-région, l'inauguration et la mise en service du pont de Farafenni, prévues ce 21 janvier, sous la présidence de Macky Sall et Adama Barrow, chefs d'Etat respectifs du Sénégal et la Gambie, sonnent comme un déclic au processus de renforcement des vieilles relations bilatérales entre les deux pays et à une intégration plus approfondie entre les peuples de la sous-région.

Au-delà même de sa contribution au programme de désenclavement de la Casamance, ce pont qui est un trait d'union entre le Sénégal et sa partie sud constitue aujourd'hui une solution aux multiples calvaires rencontrés par les populations en transit par cette partie de la Gambie qui nécessite une traversée par bac ou pirogue pour rallier le quai de «Bamba Tenda» à partir de «Yelly Tenda» et vice versa.

En effet, de tout temps, la traversée de la Gambie, à cette hauteur de la transgambienne, constituait un véritable parcours du combattant.

Soit l'un des deux (2) bacs qui assurent la navette tombe en panne, soit la demande pour la traversée est si importante que la Gambia Ports Authority (Gpa), société gambienne de transport maritime, se trouve des fois débordée, dans ce cas, il faut plusieurs heures pour décanter la situation.

En période de panne où le service est assuré par un seul navire, le problème devient alors plus sérieux et les nombreux voyageurs en partance pour le Sud du pays ou qui traversent le fleuve Gambie en sens inverse sont ainsi contraints de passer des journées entières à attendre ou parfois même la nuit à la belle étoile.

Certains ont recours aux pirogues qui assurent aussi la traversée, moyennant 300 F CFA ou 500 à 1000 F CFA pendant les périodes de fêtes ou grande affluences, pour gagner du temps et ne pas être «prisonnier» de ces dysfonctionnements.

Ainsi derrière une telle ambiance cachetée d'impairs et toute forme de tracasserie, les quais de «Bamba Tenda» et «Yelly Tenda», à travers les commerces, cantines et autre gargotes implantés de part et d'autre, «dépouillent» les usagers des restes de leurs argents de poche après les contrôles d'identification en amont.

Au courant des années 80 et 90, pendant les moments cruciaux de la crise en Casamance, certains actes de violence et autres éventuelles attaques programmés dans le Sud ont pu été évités à partir de ce point.

Fermée à la circulation la nuit et rouverte le jour, la traversée de «Bamba Tenda / Yelly Tenda» a toujours fait l'objet d'un strict contrôle et beaucoup parmi les activistes ou porteurs d'armes automatiques, de munitions ou d'engins explosifs ont cédé à cause du minutieux filtrage exercé sur les passants dont certains sont tombés dans les filets des services de contrôle qui sont toujours mobilisés, mais difficilement repérables parfois.

Pour un coût d'investissement de près de 39 milliards, ce pont d'un circuit linéaire de 944 m a été réalisé sur une durée d'exécution de quatre (4) ans.

Sa mise en service donnera du tonus aux relations partenariales, d'échanges et commerciales entre la Gambie et le reste de ses voisins de la sous-région.

Dans ce contexte de mondialisation où chaque pays est contraint de se soumettre à ces nouvelles exigences, cette infrastructure va faciliter la libre circulation des populations et leurs biens dans la zone CEDEAO et renforcer la dynamique culturelle et les échanges économique dans cette partie de l'Afrique couverte par le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau, la Guinée Conakry, le Nigéria, le Ghana, entre autres pays.

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