19 Janvier 2019

Afrique: Le Directeur général de la FAO met l'accent sur la nécessité de parvenir à une innovation numérique inclusive

communiqué de presse

Berlin — Il est essentiel que les petits exploitants agricoles aient accès aux nouvelles technologies, selon M. José Graziano da Silva

«Il est temps d'accélérer les innovations dans le secteur agricole et de le faire de façon à changer la donne pour des centaines de millions de personnes qui produisent la grande majorité de la nourriture mondiale à partir de leurs exploitations familiales», a déclaré M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

«La FAO utilise les innovations numériques pour fournir aux agriculteurs vivant en zone rurale de nouvelles informations. Nous avons besoin de bonne gouvernance et de bonnes politiques pour ce faire. La FAO aide donc également les pays à accéder à ces nouvelles technologies afin d'encourager la numérisation dans le secteur agricole», a-t-il expliqué aux ministres de l'agriculture de plus de 70 pays, ainsi qu'aux membres de gouvernements et de plusieurs organisations telles que la Banque mondiale, l'Organisation de coopération et de développement économique et la Banque africaine. Tous étaient présents pour cette réunion de haut niveau qui se tenait à Berlin.

«Garantir que ces technologies numériques ne laissent personne pour compte implique de trouver des moyens pour que les petits producteurs, y compris les jeunes, puissant en profiter afin d'augmenter leur productivité et d'améliorer leur accès aux marchés», a-t-il ajouté alors qu'il prenait la parole dans le cadre de ce Forum mondial pour l'alimentation et l'agriculture qui cette année se focalisait sur la contribution des technologies numériques au futur de l'agriculture.

«Les technologies numériques permettent de «prendre de l'ampleur sans augmenter les actifs», ce qui peut également permettre d'améliorer l'accès des petits exploitants agricoles aux marchés, soit une étape essentielle», a-t-il souligné.

La FAO travaille à promouvoir le développement de solutions numériques qui peuvent être facilement et durablement localisées tout en restant abordables et se concentre surtout ses efforts dans les domaines suivants: la vulgarisation des services, les informations météorologiques, la lutte contre les ravageurs et les maladies, les informations sur le marché, les assurances, la gestion des ressources naturelles et les programmes de protection sociale. Les investissements qui impliquent les jeunes, en tant qu'acteurs du changement plutôt qu'en tant que bénéficiaires - sont essentiels, en particulier en Afrique subsaharienne où la population et les besoins alimentaires ne cessent d'augmenter», a ajouté M. José Graziano da Silva.

Le Directeur général de la FAO a également annoncé que la FAO, en collaboration avec le Fonds international de développement agricole et la Banque mondiale, préparera une évaluation technique sur les impacts de la numérisation dans certains pays et en informera les décideurs politiques. «Nous commencerons à travailler dès maintenant», a-t-il précisé.

Le rôle de la FAO

La FAO a lancé de nombreuses initiatives visant à tirer profit des technologies émergentes en vue de relever les défis rencontrés par les petits exploitants agricoles ou encore ceux liés à la jeunesse et au genre partout dans le monde.

Par exemple, aux Philippines, la FAO a montré la voie en ce qui concerne l'utilisation de drones aériens sans pilotes afin d'atténuer les risques de catastrophes dans le secteur agricole, de surveiller les menaces d'invasion acridienne et d'améliorer la surveillance et la cartographie forestière, notamment facilitées par des plateformes géospatiales telles qu'OpenForis de la FAO.

Autre exemple, celui de l'Initiative Un million de citernes pour le Sahel dont l'objectif est de mettre en œuvre des programmes de collecte et de stockage d'eau de pluie visant à améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition locales, ainsi que l'accès à l'eau potable, tout en stimulant les emplois locaux et les opportunités de gagner des revenus.

La FAO a également travaillé sur quatre applications mobiles au Rwanda et au Sénégal qui permettent aux utilisateurs d'obtenir des informations en temps réel sur la lutte contre les maladies du bétail, la nutrition, les prévisions météorologiques et les calendriers de cultures. Ainsi, les agriculteurs peuvent directement accéder à des informations sur les prix du marché pour leurs produits et leurs intrants agricoles. Ces applications ont été adaptées en prenant en compte les conditions locales telles que le niveau d'alphabétisation, la distribution Internet ou encore les langues locales.

Face à l'arrivée de la chenille légionnaire d'automne en Afrique, une espèce invasive capable de ravager des cultures telles que le maïs, la FAO a lancé une application permettant aux agriculteurs de télécharger des informations à partir de leurs terrains afin de renforcer les stratégies et les systèmes d'alerte précoce. A l'aide de la technologie vocale, ils peuvent également le faire sans être connectés et ainsi confirmer si l'insecte est responsable des dégâts causés sur leurs cultures.

D'autres travaux se sont concentrés sur la meilleure manière d'utiliser la technologie numérique en vue d'améliorer de manière durable les moyens d'existence des communautés de pêcheurs artisanaux.

La FAO a travaillé en collaboration avec le secteur privé afin de partager les retombées positives de la révolution numérique, notamment avec Google pour rendre la cartographie géospatiale plus accessible et avec Telefónica en vue d'optimiser les connaissances sur l'efficacité hydrique et la nutrition en Amérique centrale.

La FAO a également organisé une conférence et un «hackathon» au Rwanda afin d'encourager les talents locaux à s'impliquer et à influencer positivement un monde traversant des perturbations majeures. Plus de 100 propositions issues de 22 pays d'Afrique sont la preuve d'une volonté et d'un intérêt communs.

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