Afrique: Objectifs de réduction du réchauffement climatique - Les pays africains appelés à redoubler d'efforts

Dakar — Les pays africains et les moins avancés sont appelés à multiplier efforts et ambitions pour se conformer aux objectifs qui leur sont assignés dans le but de contenir le réchauffement climatique en-deçà de 2° C, estime Kouadio N'Goran, gestionnaire de projets changement climatique au Programme des Nations unies pour l'environnement.

Les pays concernés sont contraints de multiplier "par trois" leurs efforts pour atteindre l'objectif de 2°C de réchauffement climatique et "par 5" celui de le ramener à 1,5°C, a-t-il indiqué, lundi à Dakar, au cours du lancement du Projet sur la mise en œuvre de la Contribution déterminée au niveau national (CDN) dans le domaine de la gestion des déchets solides.

La Contribution déterminée nationale (CDN), fruit d'un processus de négociations internationales qui a permis l'adoption et l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris sur le climat, désigne un ensemble d'actions jugées significatives qui manifestent l'engagement d'un pays à contribuer à relever le défi collectif de lutte contre les changements climatiques

L'expert, citant le dernier rapport du Groupe intergouvernemental des experts sur l'évolution du climat (GIEC), souligne que "les contributions déterminées au un niveau national (CDN), ne suffisent plus pour faire réduire les températures en deçà de 2°C".

"Il est techniquement encore possible mais selon les rapports, il faut investir dans des actions innovantes au bénéfice du climat, tout en poursuivant le développement économique et social", a indiqué Kouadio N'Goran.

De plus, le rapport d'ONU-environnement confirme, selon lui, l'urgence de prendre "des mesures additionnelles" pour réduire le réchauffement climatique, les engagements actuels exprimés dans les CDN étant "insuffisants pour combler l'écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions d'ici 2030".

Le Programme des Nations unies pour l'environnement compte encourager le partenariat, pour permettre aux pays en question d'arriver à une amélioration de la qualité de vie "sans compromettre celle des générations futures", a-t-il dit.

Il est revenu sur les objectifs du Projet sur la mise en œuvre de la Contribution déterminée au niveau national (CDN) dans le domaine de la gestion des déchets solides dont le Sénégal et la Côte d'Ivoire sont les pays pilotes.

Kouadio N'Goran note que cette initiative vise à "combler les déficits politiques et juridiques en gestion des déchets", sans compter qu'il contribue à la formation pour la mise en œuvre du projet-pilote de compostage dans le cas du Sénégal.

ONU environnement "accordera son expertise pour accompagner les deux pays dans la réussite de ce projet et servir de modèles pour les autres pays africains dans le cadre du partage d'expériences", a assuré M. N'Goran.

A l'en croire, ce projet constitue "une opportunité pour le Sénégal d'accroître ses ambitions de réduction de gaz à effet de serre et créer des milliers d'emplois pour les populations rurales".

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