Burkina Faso: Zongo et Tao - 20 ans après, le duo d'humoristes fait une halte

22 Janvier 2019
interview

20 ans après, que devient duo Zongo et Tao

Ce sont beaucoup d'émotions, de choses à revisiter et beaucoup de choses à partager. Je dirai simplement que ce sont beaucoup de souvenirs à partager.

Quand est-ce que vous allez partager ces souvenirs avec vos fans ?

20 ans de carrière dans la vie d'un artiste est très important. Nous comptons donc en faire un évènement majeur.

Ça ne sera pas gigantesque comme les 20 ans de carrière du groupe Magic Système mais nous comptons faire quelque chose de spéciale qui ressassera les meilleurs moments de Zongo et Tao sur scène. Surtout pour nos fans du Burkina et de la Côte d'Ivoire qui ont adopté notre humour.

Zongo a-t-il une histoire particulière avec le Burkina ?

Je ne sais pas comment le dire mais ce sont des ressentis. Je me sens très bien au Burkina parce que j'ai de la famille, des amis et je me sens en sécurité lorsque j'y viens. Et je trouve l'inspiration lorsque je suis à Ouagadougou.

Et avec le Mali ?

Je ne dirai pas que c'était occasionnel mais je reste reconnaissant de ce que Bamako a été une porte ouverte pour moi pendant la crise en Côte d'Ivoire et j'y ai passé trois années.

J'ai même expérimenté des projets que j'avais dans la tête depuis Abidjan mais j'avoue que Ouagadougou est autre chose pour moi.

J'ai deux pays, la Côte d'Ivoire et le Burkina. A Ouaga j'ai ce que je n'ai pas en Côte d'Ivoire et en Côte d'Ivoire j'ai ce que je n'ai pas à Ouaga.

Et pourtant vous les traitez de «Tampiri» ?

«Tampiri» pour moi est une façon contractée de parler de l'incivisme. Et l'incivisme existe aujourd'hui dans tous les domaines d'activité et à tous les niveaux de la société.

Je ne suis pas un conférencier, ni un littéraire encore moins un artiste engagé mais j'ai voulu l'exprimer en musique et en humour.

Je voulais que ce soit la musique de Zongo. J'estime que nous sommes tous des tampiris d'une manière ou d'une autre. C'est également un single que j'ai lancé en prélude de notre prochain album.

Qu'en est-il du concept les anciens et les nouveaux ?

Zongo et Tao ça a toujours été un humour socialement engagé et sans insolence. C'est le devoir social de l'art et c'est cette même dualité qui s'exprime dans notre concept «Toujours ensemble mais jamais d'accord».

Nous travaillons sur le concept «Les anciens et les nouveaux». Il y a toujours des anciens et des nouveaux dans tous les domaines de la vie. Il y a ce que les anciens reprochent aux nouveaux et ce que les nouveaux reprochent aux anciens.

Et les anciens et les nouveaux qui nous intéressent aujourd'hui, ce sont nos anciens et nouveaux politiciens. Les pouvoirs changent en Afrique. Il y a toujours des nouveaux pouvoirs qui s'installent et il y a toujours des anciens pouvoirs qui partent.

Mais lorsque les anciens partent et que les nouveaux arrivent, les anciens ont des choses à reprocher aux nouveaux qui les remplacent et les nouveaux ont des choses à reprocher aux anciens qui sont partis. Sans oublié que chacun est l'ancien d'un autre nouveau un jour.

Et lorsque vous voyez la situation politique en Côte d'Ivoire, on a l'impression que tout le monde voit le danger venir sauf les politiciens. Les jeunes aujourd'hui commencent à réactiver leurs amitiés dans la sous-région pour y avoir une base-arrière.

Vous êtes à Ouagadougou pour un autre coup ?

Le 14 février est pour moi encore une preuve d'amour pour le Burkina. En effet, j'étais à Ouagadougou en fin d'année 2017 pour un spectacle.

Malheureusement il y a eu des attaques terroristes et le gouvernement a interdit toutes les manifestations publiques.

Ce qui m'a marqué négativement. Je me suis donc proposé de rattraper cela à la saint valentin. Il faut que mes fans fêtent comme il se doit.

Il s'agira de quoi concrètement ?

Le spectacle est dénommé «A chacune son valentin et à chacun sa valentine» et parle de cohésion conjugale qui se répercute sur la cohésion sociale. Nous allons parler d'amour en humour.

Les gens vont rire tout en se voyant dans le miroir de la société. Pour moi, la meilleure façon de séduire une femme, c'est la faire rire.

Ce sera donc un spectacle VIP le 14 février 2019 au Centre national des arts du spectacle et de l'audiovisuel (Cenasa).

Il y aura donc une rencontre entre l'humour et le conte. Notamment avec le conteur KPG, Gérard Ouédraogo et Philomène Nanéma.

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