Congo-Brazzaville: Procès Jean Didier Elongo - La Cour rend son verdict ce mercredi

Ouvert il y a quelques jours, le procès intenté contre le directeur général du contrôle des marchés publics s'est poursuivi le 22 janvier, par l'audition de trois agents financiers de sa direction. Ils ont été entendus à titre informatif au sujet de chapitres fictifs inscrits par l'accusé au budget de cette administration, dont le gap calculé par la Cour fait état de plus de cinq cent cinquante millions enregistrés de 2012 à 2015.

D'après les indices relevés dans les bordereaux de salaires de la DGCMP par la Cour, il en est ressorti que dans le budget de cette administration publique, en dehors des dépenses légales reconnues, il y était inscrit frauduleusement plusieurs autres chapitres qui coûtaient mensuellement des millions à l'Etat.

La Cour a épinglé, entre autres, le chapitre Equateur service, un bus de transport en commun que Jean Didier Elongo faisait louer à la DGCMP pour le transport des agents, à coût de six millions FCFA le mois. De même, pour assurer la garde de ses résidences privées, il y avait également un autre chapitre dit sécurité, dont treize militaires et policiers étaient listés, au lieu de six comme il était recommandé. Pour ce chapitre, l'accusé touchait plus de trois millions FCFA.

Jean Didier Elongo avait également consigné dans le budget de sa structure d'autres chapitres fictifs nommés " Collaborateurs extérieurs", " Parents et ONG" pour lesquels il touchait aussi des millions chaque fin de mois.

Interrogé à titre d'information, son directeur administratif et financier, ses deux caissières et les deux neveux qu'il avait engagés pour toucher l'argent ont avoué les faits.

Selon la comptabilité faite séance tenante par la Cour, le trop-perçu frauduleusement par l'accusé, entre 2012 et 2015, est évalué à cinq-cent cinquante-sept millions deux cent vingt-cinq mille FCFA. La Cour a estimé que l'argent supposé détourné pourra être même le double du montant décliné, si et seulement si on pouvait comptabiliser ce gap depuis 2009, année où cette direction a été créée, jusqu'à ce jour.

Devant les juges, l'accusé, enseignant à la faculté de droit de l'Université Marien-Ngouabi, a trébuché en voulant justifier ces chapitres fictifs.

Après avoir entendu tous ces témoins, la Cour a pris acte des informations recueillies. L'accusé sera fixé sur son sort ce mercredi, après la plaidoirie des avocats.

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