23 Janvier 2019

Congo-Kinshasa: L'unité nationale, une priorité pour la RDC

Les élections cumulées (présidentielle, législatives nationales et provinciales) du 30 décembre 2018 ont livré leur secret, confirmé par la Cour constitutionnelle dans son arrêt rendu dans la nuit du samedi au dimanche 20 janvier 2019. Celle-ci a proclamé M. Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Fatshi pour les intimes, 5ème président de la République démocratique du Congo, après Joseph Kasa-Vubu, Joseph-Désiré Mobutu, Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila, le président sortant. Mais ce résultat n'a pas fait que des heureux.

Si dans le camp de Tshisekedi, les manifestations de joie ont été tous azimuts, particulièrement dans sa province natale, le Kasaï Oriental, - longtemps déclarée comme incapable de faire sortir un chef de l'Etat qui prendrait les rênes de la RDC -, le candidat Martin Fayulu, arrivé deuxième se dit être le vainqueur de l'élection présidentielle. Ce dernier crie à la tricherie des urnes.

Il n'a pas hésité à inciter ses militants et sympathisants à s'en prendre à la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Les militants et sympathisants de la coalition « Lamuka » s'attaquent aux ressortissants luba, ethnie de Fatshi, au motif que leur frère lui a volé ses voix, l'empêchant ainsi de devenir président de la République de la première alternance en RDC.

A Kinshasa, dans l'ex-province de Bandundu démembrée, notamment à Kikwit, Bagata, fief de Martin Fayulu, à Gungu, les Baluba en particulier, et les Kasaïens en général, ont été victimes de violences indicibles (pillages de biens, viols de femmes et filles, jusqu'aux tueries sauvages et chasse à l'homme), provoquant ainsi des déplacements involontaires pour sauver sa vie.

Le calme est loin d'être gagné étant donné que la même volonté et le même mouvement sont observés à Kisangani, dans la Tshopo et à Lubumbashi, dans le Haut Katanga. L'on craint la réaction de Kasaïens disséminés dans pratiquement toutes les provinces de la RDC au niveau de leurs propres provinces (Kasaï oriental, Kasaï central et Kasaï). Une réaction de vengeance de leur part embraserait tout le pays qui sera en feu et en sang. Mais alors, au profit de QUI ?

C'est ici que la question de l'Unité nationale s'impose. Cette unité ne doit pas être l'œuvre d'une simple décision, mais d'une étude approfondie. Il s'impose donc la création d'une cellule chargée du maintien de l'unité nationale. Cette cellule devrait être attachée à la présidence de la république comme un service de la présidence, devra être composée de psychologues et sociologues civils et militaires, des services de renseignements et de politologues qui connaissent bien les mentalités de différentes tribus et ethnies du pays. Ce, dans la perspective d'étudier les mécanismes pour éteindre, non seulement les velléités de tribalisme, de régionalisme et d'intolérance, mais aussi de les prévenir.

Au regard de la situation post-électorale en RDC, la lutte pour l'unité nationale devient une priorité du futur gouvernement et un leit motiv du nouveau président pour la réussite de son mandat.

Congo-Kinshasa

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