Madagascar: Mécanisation agricole à Madagascar

 - Un concept innovant qui mérite réflexion, face à l'accès difficile des paysans aux outils mécanisés

Plus de 95% des exploitants agricoles à Madagascar, utilisent la force humaine pour leurs activités, soit moins de 5% qui ont recours à des outils mécanisés.

1. Pour la majorité des paysans malgaches, le tracteur reste inaccessible

La mécanisation agricole, bien qu'initiée à Madagascar depuis des années, reste inaccessible pour l'écrasante majorité des paysans. L'existence, depuis près de 37 ans, d'un centre de formation en machinisme agricole - sis à Antsirabe - a permis de former près de 3500 apprenants. Cependant, ce savoir-faire ne se reflète suffisamment pas sur les réalités des paysans qui constituent plus des trois- quarts de la population malgache. Le nombre de personnes qualifiées en machinisme agricole est une goutte d'eau dans l'océan, au regard des près de 20 millions de paysans, producteurs agricoles.

Accessibilité financière. Par ailleurs, l'accès aux machines agricoles reste limité, voire inexistant pour nombre de paysans, essentiellement des petits exploitants agricoles et des ruraux pratiquant l'agriculture familiale. Ils restent majoritairement déconnectés des voies d'accès aux outils mécanisés, notamment en raison du facteur coût et du déficit en structures organisées pour améliorer l'accessibilité. Les outils mécanisés aident pourtant à augmenter considérablement le rendement et rendent certaines tâches moins pénibles tout en gagnant du temps dans leur réalisation. Les initiatives en vue de développer la mécanisation agricole se multiplient, ces dernières années, à l'instar de la foire consacrée à la mécanisation agricole et plusieurs autres manifestations similaires. Il va sans dire que l'accès généralisé des paysans aux outils mécanisés et aux autres éléments importants de la production tels les intrants agricoles : fertilisants, plants et semences, produits phytosanitaires... constitue un des moyens les plus rapides pour développer le secteur agricole à Madagascar.

2. Une mécanisation à la traîne dans la Grande Ile

FIAB. Ailleurs en Afrique, l'accès aux outils mécanisés se développe mieux. Des initiatives innovantes émergent pour faciliter la mécanisation agricole, permettant d'accroître le potentiel des petites exploitations agricoles sur le continent. Révélé lors de l' « International Green Week » qui se déroule actuellement en Allemagne - jusqu'au 27 janvier 2019 - le concept consiste à proposer une gamme de machines agricoles, dont le tracteur, et des services d'assistance (livraison de pièces, d'outils d'atelier, formation à l'utilisation des machines et partage d'expertises) afin de garantir un fonctionnement continu des opérations mécanisées. Une partie du matériel est expédiée dans une « boîte » (d'où le nom de l'initiative : « Farm in a box » ou FIAB). La boîte en question est un conteneur de transport modifié, qui a vocation à être ensuite utilisé comme bureau ou atelier. L'objectif est de développer la mécanisation agricole et toutes les infrastructures connexes dans les communautés rurales africaines jusque-là mal desservies. Faut-il rappeler qu'en Afrique subsaharienne, 65 % de l'énergie requise pour la préparation des terres sont fournis par l'homme.

Location. Proposée par AGCO (Your Agriculture Company), un leader mondial de la construction et de la distribution de matériels agricoles, cette initiative permet ainsi aux petits exploitants de disposer des machines nécessaires pour développer leurs exploitations et rentabiliser leurs activités. « Conçue en tant que solution polyvalente, la FIAB est un centre de soutien agricole local, proposant des services de mécanisation agricole aux communautés rurales », précise-t-on au sein d'AGCO. Avant d'ajouter que des études montrent l'existence d'une forte demande pour les machines agricoles dans ces zones reculées, mais que des obstacles - accessibilité financière, disponibilité, services d'entretien et de réparation, compétences et formation inadéquates - sont un frein à la mécanisation. La solution est alors d'offrir aux petits exploitants des services de location, permettant d'avoir accès à du matériel agricole sans avoir à investir en capital.

Franchise. L'offre comprend des programmes de formation, d'assistance, un suivi et des conseils techniques fournis par un centre spécialisé de soutien opérationnel. La FIAB, qui fait office de plateforme entrepreneuriale, fonctionne selon le système de la franchise avec des franchisés désignés et formés, ainsi que des partenaires de distribution nationaux. Les détenteurs de franchise sont généralement des exploitants agricoles relativement bien établis et qui apportent un appui reconnu à la communauté agricole dans leur domaine de spécialisation. Ce système de franchise contribue à renforcer les capacités des petites entreprises et fournit des opportunités professionnelles aux entrepreneurs, aux fournisseurs de services et aux agro-commerçants possédant des magasins spécialisés en outillage agricole, présents dans les zones rurales africaines.

Sécurité alimentaire. En tant qu'expert local de ce savoir-faire, le partenaire franchisé loue, aux agriculteurs et petits exploitants locaux, les machines agricoles et met également à disposition une personne qui pourra conduire l'engin et les former pour les accompagner dans le développement de leurs processus de production et de leur rendement agricole. Ainsi, les franchisés accroissent leurs activités et créent de nouvelles opportunités d'emploi localement. Les communautés bénéficient d'économies renforcées par l'enrichissement de la chaîne de valeur agricole.

Ce concept a été présenté comme une solution permettant à des millions de petits exploitants en Afrique de devenir autonomes afin de garantir la sécurité alimentaire. Les approches de mécanisation agricole personnalisées, inclusives et intégrées peuvent améliorer la condition des familles agricoles et créer des opportunités de croissance économique dans les zones rurales. Bref, un concept qui mérite réflexion, quant à son adaptabilité à Madagascar.

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