Cameroun: Eau en sachet, médicaments de la rue... Quand les interdits font de la résistance

Malgré les mesures prises par les pouvoirs publics, la commercialisation de certains produits se poursuit.

Pas un pas au centre ville, devant les hôpitaux, les établissements scolaires et même des ministères, sans voir des vendeurs d'eau en sachet installés sur les trottoirs. Prix raisonnable, pour les consommateurs, 50F et le tour est joué pour se rafraîchir. Ils sont nombreux à s'arrêter devant les étals de fortune : taximen, élèves, fonctionnaires et autres passants. Le business passe bien puisque la saison sèche s'y prête. Au regard du succès, des marques ont fleuri. Pourtant, se souvient-on, la commercialisation de ce produit avait été interdite le 25 mars 2011 par le préfet du Mfoundi, Jean Claude Tsila, dans sa zone compétente. Une étude du Centre Pasteur de Yaoundé, relevant la qualité impropre de cette eau à la consommation, avait d'ailleurs été relayée par le ministère de la Santé publique. Curieusement, malgré la mise en garde rien n'a changé huit ans après. Et ce n'est pas le seul produit à avoir été interdit qui continue à se vendre.

Le whisky en sachet se porte toujours aussi bien. « C'est ce que nous vendons aux villageois », confie Elisabeth M, les mains chargées d'un plastique plein de plus de 100 Whisky en sachet. Cette dernière revient de ses courses effectuées au marché Mvog-Mbi à Yaoundé. Ces liqueurs bon marché ne se vendent plus sous le manteau et pas seulement aux villageois. De Yaoundé à Douala, en passant par toutes les villes secondaires du pays, le produit se trouve dans toutes les boutiques des quartiers populeux et même les comptoirs de fortune sur les bords de route. Ces spiritueux se consomment allègrement. Et ce, malgré l'arrêté conjoint des ministères de la Santé publique, du Commerce et celui en charge de l'Industrie signé en septembre 2014, interdisant la vente de ces liqueurs nocives pour la santé.

La bataille contre les sachets en plastique, CD pornographiques et autres médicaments de la rue s'apparente désormais aussi à un serpent de mer. « La surveillance s'est relâchée. Les vendeurs de ces produits interdits ont commencé à venir tâter le terrain peu à peu, jusqu'à se réinstaller. Et depuis des mois, nous ne sommes pas inquiétés et donc nos activités se portent bien », confesse un vendeur de médicaments

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