Burkina Faso: Nomination d'un nouveau Premier ministre - « Ce ne sont pas des changements qui vont permettre au pays de se remettre sur le bon chemin », selon le CFOP

23 Janvier 2019

L'Opposition a tenu sa première conférence de presse de l'année, le 22 janvier 2019, dans les locaux du Chef de file de l'opposition (CFOP) à Ouagadougou. Il s'est agi, pour les membres du CFOP, de se prononcer sur la nomination du nouveau Chef d'Etat-major général des armées, l'aggravation de la crise sécuritaire au Burkina Faso, la fermeture de près de 1000 écoles, la remise en cause de l'autorité de l'Etat et la nomination du nouveau Premier ministre.

72 heures après la démission de Paul Kaba Thiéba de la primature, le Chef de l'Etat a nommé un nouveau Premier ministre, le 21 janvier 2019.

Et c'est Joseph Marie Christophe Dabiré qui a été choisi pour mener désormais la barque du gouvernement. Que ce soit dans la presse, sur les réseaux sociaux ou même dans les grins, sa nomination fait couler beaucoup d'encre et de salive.

Pour sa part, le CFOP a dit « ne pas avoir de jugement à porter sur la personne de M. Dabiré ». « Avec son âge, on lui souhaite beaucoup de santé et on espère qu'il pourra dépolitiser l'Administration », vœux de l'opposition à l'endroit du nouveau Premier ministre.

L'Opposition souhaite que le nouveau Premier ministre « travaille pour l'intérêt supérieur de la Nation et non dans le sens de préparer les élections de 2020 ».

Ceci étant, elle a estimé que « ce ne sont pas des changements de Premier ministre ou de gouvernement qui vont permettre au Burkina Faso de se remettre sur le bon chemin ».

Les conférenciers de l'Opposition, en l'occurrence Pr Mamadou Hama Dicko de la NAFA et Dr Aristide Ouédraogo du FPR, ont tenu à relever que le pouvoir du MPP « qui passe son temps à vilipender l'ancien régime, est obligé d'aller chercher son Premier ministre parmi les cadres éminents de cet ancien régime ».

Ils ont insisté sur le fait qu'un simple changement de Premier ministre ou de gouvernement n'est pas la solution à la situation de chaos que vit actuellement le Burkina Faso.

« Il est évident qu'on ne peut gouverner dans l'incivisme »

A entendre l'Opposition, « depuis trois ans à la tête du Burkina Faso, le président Kaboré a amplement fait la preuve qu'il n'a aucune vision pour l'avenir du Burkina et qu'il n'est pas à la hauteur des défis que le Burkina Faso doit relever ».

En tout état de cause, elle fait le constat que « le véritable problème du Burkina Faso est le manque de leadership du Président du Faso » et que « le pays vit des heures sombres et son avenir est largement hypothéqué ».

En cela, l'opposition pointe du doigt l'incivisme et elle a clamé « qu'il est évident qu'on ne peut gouverner dans l'incivisme » en ce sens que « si au sommet, il y a l'incivisme, les gens ne suivront pas le bon exemple ».

D'une nomination à une autre, l'Opposition a aussi « pris acte de la décision de nomination du nouveau Chef d'Etat-major général des armées » et a laissé entendre qu'elle « le jugera sur la base des résultats de l'armée dans la lutte contre le terrorisme ».

Le terrorisme qui, en plus d'endeuiller des familles, entraîne la fermeture de salles de classes. Et il est ressorti qu'actuellement, « 1 000 écoles sont aujourd'hui fermées et presque 100 000 élèves se retrouvent dans la rue ». A propos de cette situation, l'Opposition a dit avoir attiré plusieurs fois l'attention du gouvernement sur la question.

Par rapport à la situation, elle a invité « le gouvernement, les collectivités territoriales et l'association des parents d'élèves à se concerter et trouver au plus vite des solutions endogènes et durables pour arrêter l'hémorragie ».

Au cours de la conférence de presse du 22 janvier dernier, l'Opposition a dénoncé les évènements malheureux qui se sont déroulés à Yirgou et à Nafona. « Il faut que ça cesse », a-t-elle martelé avant de dire que « les rapports entre l'Etat et les citoyens ont besoin d'être revus ».

En tout état de cause, l'Opposition invite la Justice « à se mettre à jour de manière impartiale, transparente, professionnelle non seulement pour les faits passés tels que l'Insurrection et le putsch manqué, mais aussi pour les crimes en cours sans distinction d'obédience politique, ethnique, religieuse ou coutumière ».

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