Cameroun: « Des efforts sont faits pour amener les populations à se conformer »

interview

Yampen Ousmanou, sous-préfet de l'arrondissement de Yaoundé II.

Monsieur le sous-préfet, nous avons observé que certains produits prohibés notamment les eaux et whiskys en sachet, les médicaments de la rue sont toujours vendus. Qu'est ce qui explique le non-respect de cette mesure ?

Ce phénomène rentre dans ce que nous appelons incivisme. Le rôle de l'autorité administrative c'est de veiller à l'exécution des hautes instructions et de rendre la vie commode. Nous pouvons également prendre à notre niveau un certain nombre de mesures qui puissent rétablir soit la tranquillité publique, soit assurer la protection des personnes et des biens. Nous avons reçu un certain nombre de directives dans ce sens, mais comme nous le constatons tous, la tolérance administrative participe également de ce phénomène et les efforts sont faits à notre niveau pour amener les populations à se conformer. Nous assistons à une certaine résistance, mais les mesures restent en vigueur.

Comment entendez-vous sensibiliser les populations de la ville de Yaoundé afin de leur faire comprendre les dangers du nonrespect des règles établies ?

Dans notre arrondissement, nous optons pour une démarche pédagogique. A savoir : la sensibilisation constante de nos populations, soit au cours des multiples réunions que nous organisons, ou pendant les descentes sur le terrain. Nous amenons les populations à adhérer parce qu'aujourd'hui, il faut convaincre pour susciter l'adhésion. Parfois, nous nous faisons accompagner par des spécialistes, des responsables techniques qui mettent en lumière les dangers et la nécessité pour nos populations à observer les mesures prescrites. Nous mettons également à contribution les forces vives comme les ministres de culte, les chefs traditionnels, les chefs de communauté... et tous ceux qui peuvent participer à la sensibilisation de l'Homme afin qu'ils comprennent le bien fondé de ce que nous faisons.

Quelles sont les mesures prises pour que les usagers se conforment à ces mesures ?

On ne peut pas dire que les gens ne respectent pas à 100% ces mesures. Il y en a qui les respectent. Dans beaucoup de marchés, quand les équipes de contrôle se déploient sur le terrain que ce soit la police ou la gendarmerie, il y en a qui courent cacher ces produits prohibés. Mais ils ne peuvent plus le faire à visage découvert. Comme on le dit, nul n'est censé ignorer la loi. Mais dans notre mission d'encadrement des populations, nous nous faisons d'abord le devoir d'expliquer, d'attirer l'attention. Mais si nous nous rendons compte que l'incivisme persiste, nous passons à la phase de la répression. Cela a été le cas lors de la lutte contre la grippe aviaire avec la fermeture d'un certain nombre de rôtisseries pendant une période donnée. Notre rôle c'est de veiller à ce que les directives prescrites par le gouvernement soient respectées. Et comme la population n'est pas toujours au fait de ce qui se passe, notre mission également c'est d'abord d'expliquer, d'amener les gens à comprendre, pour que tout le monde finisse par respecter la mesure.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Cameroon Tribune

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.