Congo-Kinshasa: 17 chefs d'Etat invités pour une passation de pouvoir historique

Photo: Radio Okapi/Photo John Bompengo
Felix Antoine Tshisekedi, 5e président de la République Démocratique du Congo.

Félix Tshisekedi doit être officiellement investi président de la République démocratique du Congo, ce jeudi 24 janvier. La cérémonie d'investiture doit démarrer vers midi au Palais de la Nation, en présence de plusieurs chefs d'Etat africains.

La République démocratique du Congo s'apprête à vivre ce jeudi sa première transmission de pouvoir pacifique avec l'investiture de Félix Tshisekedi qui succède à Joseph Kabila. La cérémonie doit débuter à 12h30 (heure locale).

Sur les 17 chefs d'Etat invités, presque tous sont des Africains : Tanzanie, Centrafrique, Angola, Burundi et Soudan du Sud pour les pays voisins ; l'Egypte qui prend bientôt la tête de l'Union africaine ; plusieurs pays d'Afrique Australe : Kenya, Namibie, Zimbabwe, Malawi, Afrique du Sud ; auxquels s'ajoutent l'Ethiopie, le Soudan, la Sierra Leone, Haïti, le Maroc et la Côte d'Ivoire.

Tri

« Nous avions opté pour une cérémonie sobre », explique Barnabé Kikaya, conseiller diplomatique de Joseph Kabila, qui tient à préciser que ces pays invités ont eux-mêmes demandé à venir et assure qu'un « tri » a été opéré. Un choix « inhabituel pour une investiture », dont le but est généralement d'auréoler le nouveau président du soutien « le plus large possible », note toutefois une source diplomatique, pour qui 17 chefs d'Etat invités « c'est peu » pour une alternance que l'on dit « historique ».

La Zambie n'a par exemple pas été invitée, explique une source au protocole d'Etat. Le communiqué du président Edgar Lungu demandant un recomptage des voix de la présidentielle n'a visiblement pas été apprécié. Autre absence notable : l'Ouganda et surtout le Rwanda, dont le président Paul Kagame a initié l'appel de l'Union africaine qui évoquait « des doutes sérieux » sur les résulats de l'élection. Autre voisin, le Congo-Brazzaville fait savoir qu'il devrait être représenté par son ministre des Affaires étrangères.

Les Etats-Unis et les pays de l'Union européenne devraient quant à eux être représentés par leurs ambassadeurs en RDC.

C'est le protocole du président sortant qui a géré les invitations. Quant à Félix Tshisekedi, « il n'a pas eu son mot à dire », assurent plusieurs sources et dans son entourage on le déplore. « C'est comme s'ils avaient peur que la fête soit trop belle », s'inquiète un proche du nouveau président. Quant un observateur voit dans ce protocole le signal que le pouvoir régalien « restera aux mains de Joseph Kabila ».

Passation de pouvoir « civilisée »

L'événement est en tout cas inédit : c'est la première fois, depuis l'indépendance du pays, qu'un chef de l'Etat sortant passe le pouvoir à un chef de l'Etat entrant.

A l'indépendance en 1960, le pouvoir est partagé entre le président Joseph Kasa-Vubu et son Premier ministre Patrice Lumumba. Les rivalités entre les deux hommes plongent rapidement le pays dans le chaos. Un an plus tard, en 1961, Patrice Lumumba est assassiné. Le colonel Joseph Désiré Mobutu joue un rôle clé dans cet assassinat. Devenu général en 1965, Mobutu fait un coup d'Etat et impose ses règles jusqu'à renommer le pays « République du Zaire ».

Un peu plus tard, Mobutu est à son tour renversé par un certain Laurent-Désiré Kabila, le père du président sortant Joseph Kabila. Nous sommes en 1997, le pays vient de connaitre la Première guerre du Congo et est finalement rebaptisé RDC.

Laurent Désiré Kabila sera assassiné en 2001 par l'un de ses gardes du corps. Dix jours plus tard, son fils prend sa succession. Joseph Kabila est alors âgé de 29 ans. Il organise cinq ans plus tard, en 2006, les premières élections libres du pays depuis l'indépendance. Un scrutin qu'il remporte. Cinq ans plus tard, Joseph Kabila est à nouveau élu, lors d'un scrutin présidentiel entaché de violences et de fraudes.

Si la victoire de Félix Tshisekedi reste contestée, cette passation de pouvoir marque un tournant majeur dans l'histoire politique du pays. La première passation de pouvoir « civilisée », selon les mots du président sortant.

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