Congo-Kinshasa: La réforme de la justice, un impératif pour Félix Tshisekedi

23 Janvier 2019

De nombreux chantiers attendent Félix Tshisekedi qui doit prêter serment ce jeudi. Le nouveau président congolais devra notamment s'attaquer à un appareil judiciaire en panne.

C'est l'un des chantiers sur lesquels le nouveau président est le plus attendu, en raison de l'inféodation de l'appareil judiciaire congolais au pouvoir de Joseph Kabila, le président sortant. C'est pourquoi Maitre Christ Shematsi, coordonnateur du mouvement citoyen "Compte à Rebours", suggère à Félix Tshisekedi de "veiller à produire une justice complètement détachée de l'influence des services de renseignement d'une part et aussi à avoir des magistrats qui auront un devoir d'ingratitude vis à vis de lui-même." Il s'agit, conclut-il, de "permettre de rétablir l'autorité de l'Etat partout où la justice n'existe pas en RDC."

Impunité

Pour sa part, le président national de l'Association africaine de défense des droits de l'homme (Asadho) plaide pour que le nouveau chef de l'Etat puisse laisser les mains libres à la justice pour faire cesser l'impunité. Jean Claude Katende explique que "la question de l'impunité doit être inscrite aussi dans le chantier qui concerne la justice, pour que certains massacres qui ont été commis à Kinshasa comme dans certaines provinces puissent connaitre un début d'enquête."

Ces attentes émises seront-elles traduites dans les actes ? Le politologue Jean Omasombo Thsonda n'y croit pas, en raison des circonstances dans lesquelles Félix Tshisekedi a accédé au pouvoir et surtout parce que pour adopter des réformes au Parlement, il faut une majorité. Ce que le nouveau chef de l'État n'a pas.

Le coordinateur du mouvement citoyen Filimbi Carbone Beni propose au nouveau président congolais élu de limoger dès sa prise de fonction Kalev Mutond, l'administrateur général de l'Agence nationale de renseignements et homme de confiance de Joseph Kabila. Son limogeage serait une "bouffée d'oxygène" qui contribuerait à l'avènement d'une justice indépendante, a estimé Carbone Beni, libre depuis le 25 décembre 2018.

Carbone Beni avait été arrêté et détenu depuis le 31 décembre 2017 en compagnie de trois de ses compagnons de lutte pour leur engagement en faveur du respect de la Constitution par Joseph Kabila, c'est à dire ne pas être candidat à l'élection présidentielle du 30 décembre.

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