Burkina Faso: Nomination de Christophe Dabiré - «J'ai aussitôt pris mon chapelet pour prier la Vierge Marie» (Marina Dabiré, habitante de Ouizin)

Une grande fierté et beaucoup d'attentes. Ainsi peut être résumé l'accueil par les populations du Sud-Ouest de la nomination d'un des leurs, Christophe Dabiré, au poste de Premier ministre. A Ouizin, village d'origine du nouveau chef du gouvernement, le constat est que trois jours après cette nomination, le souvenir de l'annonce reste vivace.

Depuis le 21 janvier dernier, «Ouizin», village situé à 7 kilomètres de Dissin, province du Ioba, est sous les projecteurs avec la récente actualité qu'est le choix de Christophe Joseph Marie Dabiré comme Premier ministre. Il est en effet issu de la localité. Ainsi en est-il sous nos tropiques. Quand on accède à un poste politique d'importance, la première question que pose le citoyen lambda est de savoir d'où l'on vient et, peut-être même, de quelle tribu, pour ne pas dire ethnie, on vient.

Et comme il fallait s'y attendre, la nomination de Christophe Dabiré a comblé d'aise les natifs de la région du Sud-Ouest avec pour épicentre Dissin, chef-lieu de cette commune. Ceux qui y vivent se disent très ravis de la confiance faite à un des leurs, qui fut pendant plusieurs années ministre de Blaise Compaoré. A commencer par le chef coutumier de Dissin, Laritouo Somda, qui, après avoir abondamment béni le nouveau promu, se rappelle : «Quand il était ministre de la Santé, il avait travaillé pour la région et surtout pour notre commune. Maintenant qu'il est Premier ministre, mes attentes sont qu'il fasse beaucoup pour le pays, que nos services de santé soient améliorés et que nous ayons de l'eau à tout moment, parce que notre commune en manque». Un de ses sujets, Naberkoun Hien, embouche la même trompette : «Notre frère est nommé Premier ministre, il doit nous aider, surtout concernant l'eau et la santé. Nous souhaitons qu'il transforme ou renforce notre centre médical avec antenne chirurgicale afin que les patients y bénéficient de soins appropriés. Nous prions beaucoup pour lui afin qu'il réussisse sa mission».

Si la félicité et l'espoir en une vie meilleure sont palpables du côté du chef-lieu de la commune, qu'en est-il à Ouizin, ce paisible village situé à environ 7 kilomètres de Dissin et qui se trouve être le village natal du nouveau chef du gouvernement ? En ces lieux, l'annonce de la nouvelle lundi dernier a provoqué d'agréables frissons dans les chaumières. «Nous avons été très surpris et fiers d'entendre à la radio et à la télévision son nom. Nous le confions à Dieu par nos prières et à travers nos ancêtres. Notre père défunt le bénira et l'accompagnera dans cette tâche. Nous voulons qu'il travaille au bien du peuple burkinabè, sans oublier sa région», note Ko Tacien Somda, le désormais cousin de la 3e personnalité de l'Etat. Dans la même veine, et ce depuis l'annonce de la nomination, la pieuse Marina Dabiré ne cesse de prier pour son parent devenu Premier ministre : «Quand j'ai appris sa nomination, j'ai aussitôt pris mon chapelet pour prier la Vierge Marie afin qu'elle l'assiste dans cette tâche difficile, surtout en ces moments difficiles où tout le monde a besoin de lui».

Diane K. Somda, élève en classe de 3e au CEG de Ouizin, a également sauté de joie quand elle a appris la nouvelle. Néanmoins, elle garde un joli paquet de doléances pour celui qu'elle appelle tantôt «papa», tantôt «tonton». «Il va peut-être nous sauver, car le CEG manque de professeurs, de manuels, et nous n'avons pas d'éclairage pour réviser nos leçons. En plus, le bâtiment de l'école primaire est en mauvais état. Nous lui demandons de nous aider».

C'est donc dire que la joie est au rendez-vous et que les doléances ne manquent pas non plus chez ces populations qui attendent impatiemment le nouveau Premier ministre, qui se fera, comme de coutume, le devoir de venir prendre une cure de jouvence chez les siens.

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