24 Janvier 2019

Maroc: La poésie hassanie - Quand l'éloquence rime avec l'esthétique

Nées entre les étendues désertiques et l'ondoiement poétique des dunes de sable, dont elles tiennent la liberté du ton et la simplicité de l'expression, les rimes hassanies, d'une noblesse et d'une limpidité précieuses, ont fait du Sahara une source d'inspiration pour les poètes et leurs créations. La poésie hassanie, qui emplit les maisons des Sahraouis, a des rituels spéciaux, souvent associés à des expériences de la vie quotidienne des habitants des provinces du Sud.

La production poétique demeure un genre littéraire principal dans le tissu de la culture hassanie, outre une création vocale unique tant sur le plan de l'esthétique sonore que celui des affluents. Originaire de la société beidanie (de la région Trab El Beidane), le dialecte hassani est riche d'un héritage poétique faisant partie intégrante du folklore diversifié du Maroc.

A l'instar de l'ensemble des formes poétiques, la poésie hassanie est dotée de règles rigoureuses et ne tolère pas certaines pratiques comme le "Zai" qui correspond à l'utilisation de mots étrangers au dialecte hassani. Un tel mélange entre le dialecte hassani et d'autres influents peut être mal vu par les puristes.

A cet égard, le critique et chercheur dans la culture hassanie, Ibrahim Al Hayssen, a expliqué que la poésie hassanie a ses règles spécifiques et ses rythmes musicaux qui la distinguent des autres types de poésie arabe traditionnelle, notamment de la poésie "nabti" dans les pays du Golfe et le "malhoun" dans le Maghreb arabe, faisant observer que ladite poésie, tout comme celle arabe, est composée de plusieurs vers et sa structure rythmique est basée sur une métrique appelée "lbtout".

Parmi les règles essentielles de la poésie hassanie, a poursuivi M. Al Hayssen dans une déclaration à la MAP, on note également le "wajib" synonyme de respect du rythme et le "kaf" (ligne poétique), outre "attal'a" (le poème), "assabba" (un poème libre), qui obéissent à d'autre règles, et le "watr" (vers unique) qui n'est pas acceptable. M. Al Hayssen a par ailleurs, relevé que la métrique et le rythme de la poésie hassanie ont connu deux phases importantes, la première, avant la musique, durant laquelle la poésie était considérée comme une prose distinguée, où "les lignes poétiques n'étaient pas mesurées l'une contre l'autre", notant que la métrique régissant une ligne spécifique concernait surtout les voyelles.

La poésie hassanie, selon M. Al Hayssen, a longtemps conservé cette forme, avant le début d'une nouvelle phase durant laquelle la poésie a atteint un plus haut niveau de maturité et les poètes ont commencé à limiter le rythme aux consonnes, recherchant ainsi une harmonie d'ensemble.

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