Congo-Kinshasa: Prestation de serment confirmée aujourd'hui - Kabila-Tshisekedi - Début d'une nouvelle coalition !

Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo investi 5ème Président de la RDC

"La liberté, la démocratie, le bien-être et le développement sont des quêtes permanentes, un chantier à jamais ouvert sur lequel nous sommes, à tour de rôle, appelés à servir. Avec votre concours, j'ai fait ma part pour l'heure, soyez-en vivement remercié. Singulièrement nos compatriotes sous le drapeau", a lâché le Chef de l'Etat sortant, Joseph Kabila hier, mercredi 23 janvier, dans la soirée, à l'occasion de sa dernière adresse à la Nation en cette qualité, comme pour vivifier l'esprit d'amour patriotique en son successeur élu, Félix Tshisekedi à qui il passe le fanion de commandement aujourd'hui. Le Palais de la Nation a déjà été paré pour la circonstance à laquelle participeront près de 20 délégations de Chefs d'Etat et de gouvernement.

Aujourd'hui est un grand jour pour la République Démocratique du Congo. Des coups de canons retentiront, après la remise des symboles du pouvoir par le Président de la République sortant et le Président de la Cour Constitutionnelle au Chef de l'Etat élu, comme pour peindre la passation pacifique et civilisée du pouvoir. Mobutu avait pris le pouvoir en 1964 par un coup d'Etat. Laurent-Désiré Kabila en 1997, a repris un pouvoir à l'issue d'une lutte armée. Tragiquement assassiné, Joseph Kabila, son fils lui succède en 2001. Pour la première fois de l'histoire de la République Démocratique du Congo, il y aura passation du pouvoir démocratique entre un chef d'État entrant et sortant, en l'occurrence Félix Tshisekedi et Joseph Kabila.

Respect

Félix Tshisekedi Tshilombo peut se réjouir d'avoir d'ores et déjà le soutien de son désormais prédécesseur dans la gestion de la République pour ses cinq premières années en tant que cinquième Président de la RD. Congo. Dans son message d'adieux presque mélancolique et ressassant brièvement le bilan de ses années passées à la tête du pays. "C'est le lieu pour moi de réitérer en votre nom comme en mon nom propre, nos félicitations ainsi que nos vœux de plein succès au Président élu, Monsieur Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Qu'il soit assuré de pouvoir compter sur moi chaque fois qu'il le souhaitera et que l'intérêt du pays l'exigera".

Ainsi, parlait-il hier, "respectueux de la Constitution, je vais demain passer la main, sans regret, ni remord, car en dépit des imperfections dues à toute œuvre humaine, le Congo revient de loin et repose sur des bases solides aujourd'hui, mais plutôt avec des vœux sincères, d'ardentes prières à celui qui, désormais aura la charge de la Nation. Je vous invite à le soutenir massivement comme vous m'avez accompagné et soutenu tout au long des 18 dernières années".

C'est un instant historique. "... chose inédite dans l'histoire de notre pays, qui en fait un pionnier de la matière dans la sous-région de l'Afrique Centrale, les scrutins du 30 décembre ont comme je m'y étais engagé, ouvert la voie à un transfert pacifique et civilisé de pouvoir entre un Chef d'Etat élu sortant et un Chef d'Etat élu entrant. Rêve devenu réalité. Un pari de plus gagné", a fait entendre Joseph Kabila.

Nous avons beaucoup fait, sans prétendre avoir tout fait...

Durant tout le temps qu'il a eu à passer en tant que Chef de l'Etat, "en dépit de l'action néfaste et résolu des ennemis de notre peuple, je n'ai jamais trahi mon serment, ma détermination n'a jamais faiblie".

Aujourd'hui que le temps de la clepsydre s'est épuisée pour lui, il fait passer un message fort d'unité et de souveraineté à l'endroit du peuple congolais et de son successeur élu. "La souveraineté nationale, l'indépendance de notre pays et la dignité de notre peuple n'ont pas de prix. Elles ont été réaffirmé, c'est un véritable motif de fierté et doivent continuer à être défendues et sauvegardées autant que doit l'être notre riche diversité culturelle". Cependant, précise-t-il, "ce principe et le respect constituent le fondement de notre Nation et le fermant de notre vivre ensemble. Autant nos pères fondateurs et mes prédécesseurs me les ont légués, autant je les lègue à mon successeur. Il en va de la survie de notre pays et de la vitalité de notre peuple".

Coalition ?

Alors que les Assemblées nationale et provinciales sont majoritairement constituées des affidés de Joseph Kabila, cloitrés dans le FCC, "je le dis avec d'autant plus de force que dans le choix fait par le souverain primaire, de ne pas faire coïncider la majorité présidentielle et la majorité parlementaire". Il exhorte ainsi les leaders politiques à regarder dans la même direction, à coaliser leurs efforts et à travailler ensemble pour la satisfaction des besoins de la population et le bien de la Nation.

"J'en appelle à une grande coalition de toutes les forces progressistes, coalition contre les forces prédatrices qui se sont ligué et qui tenteront toujours de se liguer pour s'accaparer de nos ressources naturelles, sans contrepartie, pour nos enfants et petits-enfants... "

Et à la jeunesse du pays, "qu'elle se souvienne que rien n'est impossible à celui ou celle qui croit en Dieu, en son pays et en lui-même. Qui ose entreprendre et qui cultive la discipline personnelle et l'effort en groupe. En témoigne le jeune homme assermenté le 26 janvier 2001, aujourd'hui grisonnant".

Ascension

Joseph Kabila Kabange a récupéré le pouvoir dans des conditions loin d'être élégantes, où il ne pouvait rien faire d'autre que poursuivre le chemin tracé par son devancier, son père. "Presque, jour pour jour, par la grâce du Très haut, dans un malheureux concours de circonstance, j'ai accédé à la magistrature suprême dans un contexte marqué par des défis aussi nombreux que graves. Et par l'incertitude quant à la survie de notre pays en tant que Nation et en tant qu'Etat. Minée par une activité économique déclinante, une inflation galopante et une dette extérieure insoutenable, ravagée par des conflits armés aux conséquences incommensurables, et divisée en autant de principautés qu'il y avait des chefs de guerre, la République Démocratique du Congo, notre pays, était en effet au bord du gouffre".

Face à cela, il fallait éviter qu'avec la mort le Laurent Désiré Kabila, le rêve ne s'éteigne. "C'est avec l'humilité qu'impose la conscience de l'immensité de la tâche, mais aussi la détermination de réussir", a laissé entendre le Président sortant.

Acceptation

Le nouveau Président a déjà le soutien de plusieurs pays africains et étrangers dont les États-Unis, en dernière minutes, ont pris acte de son élection. "Nous nous sommes engagés à travailler avec le nouveau gouvernement de la RDC. Nous encourageons le gouvernement à inclure une large représentation des acteurs politiques congolais et à traiter les informations faisant état d'irrégularités électorales", a indiqué le département d'état américain. Et de poursuivre qu'ils reconnaissent également "l'engagement du président sortant, Joseph Kabila, à devenir le premier président de l'histoire de la RDC à céder le pouvoir de manière pacifique dans le cadre d'un processus électoral".

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