Afrique: Pays en développement - Près de 20% des jeunes sans travail

Alger — Près de 20% des jeunes âgés entre 15 et 24 ans dans un pays émergent ou un pays en développement ne travaillent pas et ne font pas d'études contre 10% en moyenne dans les pays avancés, a indiqué le Fonds monétaire international (FMI) dans un article publié sur son site web.

"Le coût social et économique de cet écart est considérable", a prévenu le FMI, en soulignant que la confiance dans la société tend à être moindre dans les pays où le niveau d'inactivité des jeunes est plus élevé, ce qui augmente les risques de conflits sociaux.

Les auteurs de l'article ont cité à ce propos une récente étude des services du FMI qui a montré que si le sous-emploi des jeunes dans un pays émergent ou en développement moyen était aligné sur celui du pays avancé moyen, le taux d'emploi de la population en âge de travailler augmenterait de 3 points de pourcentage et la production de 5 %. "C'est le genre de changement dont les jeunes, et tous les pays, ont le plus grand besoin", ont-ils souhaité.

La même source a rappelé que les jeunes dans les pays émergents et les pays en développement représentent environ un tiers de la population en âge de travailler d'où leur importance dans le développement économique et la croissance.

Pour l'institution de Bretton Woods, une éducation plus longue et meilleure constitue une réponse partielle aux attentes des jeunes car dans les pays émergents et les pays en développement, "trop de jeunes bien formés peinent à trouver de bons emplois".

Aussi, l'institution qui "s'inspire d'une nouvelle analyse utilisant des dizaines de millions de points de données individuels", mentionne une série de mesures qui peuvent contribuer à résorber l'écart avec les pays avancés en améliorant les perspectives d'emploi pour tous, mais surtout pour les jeunes non scolarisés.

Elle recommande en premier la promotion de l'égalité femme-homme sur le lieu de travail, en jugeant que la persistance d'importants écarts entre hommes et femmes est en grande partie à l'origine des moins bons résultats du marché du travail pour les jeunes dans les pays émergents et les pays en développement.

"En moyenne, près de 30 % des jeunes femmes n'y sont ni en activité ni scolarisées, soit presque deux fois plus que de jeunes hommes", a fait constater le FMI, estimant qu'une partie de cette différence peut s'expliquer par les conséquences économiques de la maternité.

Elle a ajouté néanmoins que la législation a également un rôle à jouer ". En effet, lorsqu'elle protège les femmes de la discrimination dans l'emploi, leurs taux d'emploi et d'activité s'améliorent sans nuire aux hommes", ont souligné les auteurs de l'article.

Le FMI préconise également un meilleur fonctionnement des marchés du travail. A ce propos il recommande de ne pas fixer des règles excessivement strictes, de s'assurer que les indemnités de licenciement ne sont pas trop coûteuses et d'établir un salaire minimum pas trop élevé par rapport au salaire moyen.

"Toutes ces mesures vont de pair avec une amélioration des taux d'emploi et d'activité des jeunes qui ne suivent pas d'études -en particulier des jeunes femmes-", a assuré le FMI.

Enfin la troisièmement proposition du FMI porte sur une plus grande ouverture des marchés de produits et l'encouragement de l'entreprenariat.

Aussi, elle suggère aux gouvernements un allégement des formalités administratives pour les entreprises et une plus grande ouverture aux marchés internationaux s'accompagnent d'une amélioration des résultats en matière d'emploi des jeunes et de leur qualité.

Les experts du FMI ont rappelé enfin que les objectifs de développement durable des Nations Unies pour 2030 privilégient deux piliers pour les jeunes : réduire sensiblement leur taux de chômage et veiller à ce que ceux qui ne font pas d'études aient des possibilités d'emplois productifs et tangibles.

"Nous pouvons constater qu'il reste un long chemin à parcourir, mais une voie existe pour y arriver", ont-ils conclu.

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