Madagascar: Inondation à Madagascar - la plaine d'Antananarivo en vigilance jaune

Les ordures s'entassent dans le quartier de La Réunion Kely, l'un des plus pauvres de la capitale, Antananarivo, janvier 2019.

Les fortes pluies continuent de peser sur le quotidien des Malgaches. Dimanche 27 janvier 2019, le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes a indiqué que la plaine d'Antananarivo avait été mise en vigilance jaune inondations. Des inondations qui font souvent les mêmes victimes dans la capitale, à savoir les habitants des bas quartiers.

Dans le quartier de Manarintsoa Atsinanana, sous les pluies torrentielles, des habitants démunis. Tatiana vit avec ses quatre enfants dans une petite habitation faite de taules et de planches de bois. Seau et balai à la main, elle tente d'évacuer l'eau qui rentre tous les jours dans sa maison.

« On souffre beaucoup à cause de la pluie, nous explique t-elle. Toute l'eau sale que vous voyez à côté rentre dans notre maison. Les enfants sont souvent malades à cause de l'eau sale qui stagne. La nuit, mon mari et moi, nous ne dormons pas. On prend des chaises, on met des planches au-dessus et on fait dormir les enfants là. Ça fait dix ans que j'habite ici et on s'est toujours battus seuls. »

Si les autorités se rendent régulièrement au chevet des sinistrés, les réponses d'urgence comme les évacuations ne permettent pas de pallier aux problèmes d'inondations sur le long terme, regrette Tatiana : « Tout ça, c'est à cause des ordures. Il y a des moments où la commune les enlève, mais ce n'est pas suffisant. C'est à cause de ça que les canaux sont bouchés et que ça déborde. »

En face, La Réunion Kely, l'un des plus grands bidonvilles de la capitale. Les inondations et les ordures qui s'entassent sont aussi le quotidien de ce quartier pauvre où s'alignent des abris en bâches. Toky, vendeur de téléphones d'occasion, y vit depuis cinq ans. « Quand il y a un cyclone, ça passe à la télé et à la radio. Ils nous disent qu'on doit se déplacer », explique-t-il.

« Mais c'est tous les jours que c'est grave pour nous. On sent qu'on est mis de côté dans ces maisons "en sachets". Ce qu'on nous dit, c'est que la société qui doit ramasser les ordures n'a pas assez d'argent. C'est pour ça qu'elles s'entassent ici. »

Dans la capitale, les fortes pluies ont fait 18 morts depuis le début de l'année.

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