29 Janvier 2019

Tunisie: Une grande partie du couvert végétal détruite

Autant dire face aux dégâts occasionnés essentiellement aux forêts du Kef, de Siliana et Jendouba que l'on ne peut que constater l'ampleur du phénomène et tirer la sonnette d'alarme face à ce que personne n'aurait souhaité au pays, notamment pour ces richesses naturelles, aujourd'hui, de plus en plus livrées à la férocité de certains hors-la-loi qui procèdent de nuit comme de jour à l'abattage sauvage et illicite des arbres pour les transformer en bois et en faire un objet de commerce.

Le chef de service de la division des forêts au commissariat régional au développement agricole du Kef, affligé par la situation de catastrophe naturelle dans le secteur forestier, évoque à ce sujet une perte de plus de 7.000 ha de couvert végétal depuis l'avènement de la révolution, la verbalisation de plus de 1.500 personnes arrêtées en flagrant délit d'abattage d'arbre ou de son transport, mais aussi la saisie de plus de 250 véhicules utilisés à des fins de transport illégal de bois d'origine inconnue ou sans autorisation.

Cette destruction est d'autant plus cruelle qu'elle vient s'ajouter aux pertes occasionnées aux forêts du pays, suite à l'incendie de l'été 2017, rendant encore plus dramatique la situation du secteur forestier dans le pays alors qu'il a fait, pendant longtemps, l'une de ses fiertés majeures.

Le code forestier doit être révisé

Pis encore : le même responsable fait état de nombreuses agressions perpétrées à l'encontre des gardes et des responsables de l'administration des forêts lors de l'exercice de leur fonction, entraînant l'organisation de mouvements de protestations et de sit-in et des poursuites judiciaires à l'encontre des contrevenants.

Dans ce climat de peur et d'incertitude et surtout avec l'apparition du terrorisme dans nos forêts, la protection du couvert végétal devient une mission difficile qui requiert plus de moyens humains, matériels et même sécuritaires, surtout que les forêts du Kef couvrent plus de 120 mille ha, dont une grande partie portent sur des reliefs tellement escarpés et difficilement accessibles que des terroristes y on élu domicile pendant longtemps avant d'être chassés ou tués par l'armée et les forces de sécurité au terme de nombreuses opérations de traque.

Même si la législation du code forestier a été quelque peu assouplie et autorise désormais une certaine cohabitation pacifique et une exploitation par les habitants des zones forestières, notamment en matière de culture de certaines plantes comme le thym, le romarin ou encore le lentisque ou ses graines pour en faire des huiles essentielles, le code forestier mériterait d'être réadapté aux exigences de la nouvelle situation. Il faudrait faire preuve de plus de fermeté à l'encontre des auteurs d'atteintes criminelles aux forêts et plus de souplesse à l'égard de la population issue des zones limitrophes aux forêts pour lui donner les moyens de survie dans les proportions qui ménagent le loup et la chèvre et empêchent la perte de notre patrimoine forestier.

Un clin d'œil en passant aux décideurs.

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