Cameroun: Les appels à la libération de Maurice Kamto se multiplient

Photo: ONU/Loey Felipe
Le Secrétaire général de l'ONU António Guterres.

Au Cameroun, Maurice Kamto et quelques-uns des cadres de son parti, le MRC ont passé leur deuxième nuit dans les locaux de la police judiciaire de Yaoundé.

A Yaoundé, la pilule a toujours autant de mal à passer, avec ces images de manifestants saccageant les ambassades du Cameroun, à Paris et à Berlin.

Depuis cette nuit de saccages, vécue avec consternation en direct via les réseaux sociaux, les réunions se sont multipliées au plus haut niveau du pouvoir, notamment à la présidence de la République.

Un coupable tout désigné

Quelques heures déjà après ces événements, le gouvernement, pour qui le coupable est tout désigné, indiquait que le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) avait franchi la ligne rouge.

Maurice Kamto, son président, et l'essentiel de son directoire ont ainsi été mis aux arrêts. Leurs avocats, partis aux nouvelles à la police judiciaire où ils sont détenus, n'ont pu avoir accès à eux. Mais des sources indiquent que le leader du MRC devrait rapidement être présenté au parquet.

Les autorités étudieraient aussi l'éventualité de la suspension de ce parti de l'opposition dont les appels à manifester de samedi dernier ont été qualifiés de « démarche insurrectionnelle », dans un communiqué publié hier par le ministre de la Communication.

Appels d'opposants et d'ONG

D'autres leaders de l'opposition, à l'instar d'Akere Muna du Front populaire pour le développement (FPD) ou encore le Front social démocrate (SDF), ont appelé à la libération immédiate de Maurice Kamto.

Un appel que relaie aussi Amnesty International. « Nous appelons de manière plus générale à la libération de l'ensemble des manifestants qui, selon nous, étaient des pacifiques qui ont été arrêtés durant ce week-end et qui sont toujours en détention », explique Samira Daoud, la directrice adjointe de l'ONG en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale. Le droit à la liberté de manifester et de réunion pacifique était un droit qui est reconnu par la loi du Cameroun. Nous constatons avec regret que depuis très longtemps maintenant, l'ensemble des manifestations organisées par la société civile, les partis d'opposition ou toute forme de voix dissonantes et dissidentes au sein du pays sont systématiquement interdites. »

Deux journalistes arrêtés

Par ailleurs, deux journalistes ont été arrêtés lundi soir, alors qu'ils couvraient les événements. Théodore Tchopa et David Eyengué ont été, eux aussi, conduits à la direction de la police judiciaire à Yaoundé et leurs proches n'ont pas pu avoir accès à eux depuis.

Le président du Syndicat national des journalistes du Cameroun y voit une tentative d'intimidation et espère que ces deux reporters ne seront pas associés aux poursuites qui pourraient être engagées contre les militants du MRC.

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Plus de: RFI

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