Congo-Kinshasa: Législatives et provinciales - Des tractations «houleuses» au sein du FCC

En RDC, les tractations vont bon train au Front commun pour le Congo du président Kabila. Selon les résultats provisoires publiés par la Commission électorale nationale indépendante, cette coalition mise en place avant les élections domine largement l'Assemblée nationale et les Assemblées provinciales.

En théorie, le futur Premier ministre doit donc être nommé dans ses rangs tout comme l'essentiel des postes de gouverneurs. Mais les différents partis qui composent cette coalition jouent des coudes au sujet de la répartition des postes ministériels et des candidatures aux postes de gouverneurs.

Avec 830 élus sur 1 200 postes dans les différentes Assemblées, la position du FCC est en théorie confortable.

Mais cette coalition reste une plateforme électorale composée de dizaines de partis ou autres regroupements. Ce n'est pas un groupe parlementaire. Le ralliement de ses différentes composantes à une majorité n'est donc pas automatique.

L'élection passée, chacun fait désormais valoir ses intérêts, en vue d'obtenir un maximum de postes et pourquoi par celui de Premier ministre. Des tractations « houleuses », selon plusieurs sources.

Deux partis ont déjà pris position

Dans un courrier adressé lundi soir au coordonnateur du Front commun, Bahati Lukwebo, deuxième force parlementaire avec l'AFDC et ses alliés, rappelle que le PPRD, le parti du président Kabila et ses satellites ne représentent que 33% du poids politique des nouvelles assemblées. Il réclame une répartition « proportionnelle » des postes.

Même démarche pour les responsables de AABC, autre regroupement, qui dans un autre courrier réclament quatre postes de gouverneurs et de vice-gouverneur.

Ce qui ne les empêche pas de rappeler leur attachement « à l'autorité morale du FCC », à savoir le président Kabila, et d'insister sur « la nécessité de ne pas aboutir à des frustrations ».

Vers la nomination d'un informateur ?

Jean-Pierre Kambila, ex-directeur adjoint de cabinet de Joseph Kabila et membre du PPRD, estime qu'il faut attendre la désignation d'un Premier ministre pour que « ces problèmes soient réglés ».

Il assure aussi que le mode de désignation des gouverneurs a fait l'objet d'un accord il y a plusieurs semaines et qu'il est convenu que dans chaque province le parti politique ayant obtenu le plus grand nombre de sièges soit prioritaire.

Surenchères internes au FCC ou risque d'éclatement ? Du côté de la coalition Cash du président Félix Tshisekedi, minoritaire dans la nouvelle Assemblée, on se défend en tout cas de chercher à créer des dissidences.

« Nous restons prudents et nous observons », assure Vidye Tshimanga, l'un de ses porte-parole, pour qui « l'objectif » reste de former avec le FCC « la majorité la plus large possible ».

La question du choix ou non de nommer un informateur pour s'acquitter de cette tâche devrait être tranchée dans les prochaines 48 heures.

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Plus de: RFI

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