Cameroun: L'ONU se dit préoccupée par l'arrestation des leaders du MRC

Photo: ONU/Loey Felipe
Le Secrétaire général de l'ONU António Guterres.

Le secrétaire général des Nations unies et le ministère français des Affaires étrangères ont réagi, le 30 janvier, à l'interpellation de l'opposant Maurice Kamto et ses partisans.

Près de quarante-huit heures après leur arrestation, l'opposant Maurice Kamto et ses partisans restent en détention à Yaoundé, la capitale camerounaise. Après une journée passée dans les locaux de la direction de la police judiciaire, le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) a été conduit au secrétariat d'Etat à la défense, qui abrite une prison secondaire.

La situation attire l'attention au-delà des frontières nationales. «L'ONU est préoccupée par les informations selon lesquelles Maurice Kamto et certains membres de son parti auraient été arrêtés», a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général des Nations unies, António Guterres.

«L'ONU appelle les autorités camerounaises à respecter la liberté de réunion, d'association et d'expression, et insiste sur le fait que l'ensemble des acteurs politiques doit faire preuve de retenue », a-t-il ajouté, au cours d'un point de presse le 29 janvier, à New York. «L'ONU condamne les incidents de violence dans les ambassades camerounaises à Paris et à Berlin », a-t-il indiqué.

La France s'est exprimée, quant à elle, par la voix de son ministère des Affaires étrangères. «Nous sommes attentifs à la situation de Maurice Kamto à la suite de son arrestation. Nous condamnons fermement l'intrusion qui a eu lieu samedi dernier à l'ambassade du Cameroun à Paris. Notre ambassadeur à Yaoundé s'est entretenu hier, comme il le fait régulièrement, avec le ministre des Relations extérieures camerounais. Il ne s'agissait pas d'une convocation », a fait savoir Agnès Von der Mühll, directrice de la communication et porte-parole du Quai d'Orsay.

L'opposant camerounais, Maurice Kamto, arrivé deuxième à l'élection présidentielle et qui revendique toujours la victoire, a été arrêté, le 28 janvier, à Douala. Une arrestation qui est intervenue deux jours après avoir été à l'initiative d'une série de manifestations contre le pouvoir en place. Albert Dzongang et Christian Penda Ekoka, soutiens de Maurice Kamto, ont également été arrêtés. Dans la foulée, d'autres cadres du parti ont été interpellés le même jour à Douala et à Yaoundé.

Pendant les heures qui ont précédé l'arrestation du leader du MRC, la tension était vive devant le domicile qui l'abritait à Douala. Des centaines de militants de son parti ayant eu vent de cette information se sont mobilisés pour constituer une sorte de bouclier humain face aux éléments de la police. Un rassemblement rapidement dispersé par des tirs en l'air. Les manifestants ont également brûlé les pneus sur les chaussées avoisinantes et la tension était vive jusque tard dans la nuit.

Cette interpellation de Maurice Kamto donne lieu à de nombreuses réactions dans l'opinion au Cameroun.

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