30 Janvier 2019

Congo-Kinshasa: Bruxelles - « Kisanola » propose une collection de peignes congolais

L'exposition, visible au Brussels art fair (Brafa) qui se tient depuis le 26 janvier jusqu'au 3 février, est l'œuvre de la galerie du marchand d'art belgo-congolais, Didier Claes.

La série d'objets proposés regroupe principalement une collection de peignes Chokwe, Yaka, Luba et Lélé. Bien que d'une grande diversité esthétique, explique-t-on, ces objets renvoient à un art de cour destiné principalement à la haute hiérarchie. « Ces ustensiles à cheveux sont d'une grande beauté, finement sculptés et ornés d'une figure. En Afrique centrale, l'usage du kisanola, peigne en lingala, montre l'importance accordée à l'ornementation du corps, en particulier à la chevelure. Destinés à un usage personnel, ces objets de prestige proposent une infinité de motifs décoratifs et de thèmes figuratifs », indique la galerie Didier Claes. Le mur de peignes de l'exposition est présenté derrière une statue Songye.

L'art Chokwe, poursuit Didier Claes, est l'un des plus admirés de l'Afrique centrale et le peigne (chisakulo) en est un bel exemple. Dotés d'une grande créativité, ajoute le marchand d'art, ces objets destinés à un usage personnel proposent une infinité de motifs décoratifs qui existent en deux grandes catégories : les peignes constitués d'une série de lamelles de bois rassemblées par un lien (fibres végétales ou fil métallique) et les peignes monoxyles en bois sculpté. « Dans cette dernière catégorie, certains peignes sont ornés d'une figure sculptée servant de manche. Parmi les nombreuses figurations présentes sur la poignée des peignes en bois, celle d'un animal à quatre pattes est très rare. Probablement un boeuf qui servait de monture aux voyageurs et aux commerçants de caravanes d'autrefois », fait savoir Didier Claes. Pour ce qui est des Lélé, ce dernier dit que leur art est constitué d'objets de prestige influencés par le style des Kuba et les personnages qui y figurent sont souvent coiffés de deux longues tresses.

Transmettre des messages et refléter la personnalité

Expliquant le concept et la démarche qui a vu naître cette exposition, le marchand d'art belgo-congolais souligne que chercher à embellir son corps, le modifier, le transformer, le déguiser, le parer est l'une des plus anciennes disciplines universellement répandues chez l'Homme : tatouages, scarifications, bijoux, coiffures, etc. En outre, argumente-t-il, bien qu'il s'agisse de flatter le sens esthétique, ces divers accessoires et modifications corporelles transmettent aussi des messages et peuvent refléter la personnalité, exprimer la protestation, révéler un statut ou indiquer l'appartenance à une société.

« À travers les coiffures et les costumes variés, les peuples africains ont développé un langage symbolique particulièrement riche en significations. Dès l'époque des premiers voyages en Afrique, de nombreux textes et notes apparaissent sur cet art capillaire et vestimentaire », indique Didier Claes. Ainsi, il rappelle que d'après Victor Giraud (Paris, 1890), l'art de concevoir des coiffures relève d'un acte intime et confidentiel entre membres d'une famille. Les parents coiffaient les enfants, les femmes leurs hommes, des femmes apparentées ou de bonnes amies s'arrangeaient les cheveux mutuellement. Les coiffures varient à l'infini : cheveux tressés, nattés, divisés en chignons, dressés en cimier, répartis sur des structures en fibres, partiellement rasés, enduits d'huile et de terre mais aussi ornés de plumes, de perles et de postiches ou encore piqués d'accessoires tels que de longues épingles et de fabuleux peignes, des « kisanola ».

Parmi les meilleurs spécialistes de l'art africain ancien

Didier Claes est un galeriste belge spécialisé dans l'art africain. Remarqué par son parcours atypique et ses découvertes de pièces d'exception dès le tout début de sa carrière, il compte aujourd'hui parmi les meilleurs spécialistes au monde de l'art africain ancien. Sa galerie participe aux grands rendez-vous belges (Brafa, Bruneaf, Cultures) et internationaux de sa spécialité. De père belge et de mère congolaise, Didier Claes est particulièrement sensible aux questions liées au patrimoine africain. Il n'hésite pas à lancer des pistes de réflexion et ouvrir le débat sur la création d'une charte déontologique concernant l'origine des objets africains.

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