2 Février 2019

Congo-Brazzaville: Affaire Adré Okombi Salissa - L'accusation apporte de nouvelles pièces au dossier

Suite au supplément d'informations apportées par le ministère public, notamment le procureur général près la Cour d'appel de Brazzaville, Michel Oniangué, la prochaine audience est renvoyée au 25 février, afin de permettre au tribunal d'examiner les nouveaux éléments.

Alors que les différentes parties étaient déjà dans le fond des débats devant assurément conduire vers les plaidoiries, les nouvelles pièces se sont ajoutées au dossier, pour la manifestation de la vérité sur les griefs d'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat et de détention illégale d'armes et munitions de guerre mis à la charge de l'ancien ministre, André Okombi Salissa.

Il s'agirait, en effet, des écoutes téléphoniques transcrites par la Direction générale de la surveillance du territoire. Ces éléments n'avaient jamais été discutés depuis le début de la procédure ouverte contre l'ancien député du Parti congolais du travail (PCT), dans la circonscription électorale de Lékana, département des Plateaux.

Ainsi, après le pic des avocats de la défense contre le ministère public, appuyés par ceux de l'Etat, le président de la Cour criminelle, Christian Oba, est à maintes fois intervenu pour recadrer les débats avant de trancher sur la demande de l'accusation.

S'appuyant sur certaines dispositions du code de procédure pénale, notamment les articles 161 et 264, il a ordonné un supplément d'informations, renvoyant ainsi la cause au 25 février pour la suite des débats. Christian Oba a commis le vice-président de la Cour d'appel de Brazzaville, Akondo Ossengué, et le président de la chambre sociale, Dominique Boukaka, à l'examen de ces nouvelles pièces, sous sa supervision.

Du côté des avocats de la défense, l'on se dit serein. Revenant sur les grands moments de la journée du 1er février, Me Éric Yvon Ibouanga pense que ces nouvelles pièces présentées par le parquet et qui n'ont pas fait l'objet de discussion depuis l'enquête préliminaire, devant le juge d'instruction et devant la chambre d'accusation, sont un aveu de faiblesse.

« Le renvoi ne saurait nous fragiliser, nous sommes liés par l'arrêt de renvoi devant la Cour criminelle, on devait s'en tenir à ces éléments mais, lorsque le parquet vient produire de nouvelles pièces qui n'ont jamais fait l'objet des débats contradictoires à la base ou au printemps de cette procédure, nous estimons que c'est un aveu de faiblesse. Il faudrait que l'accusation prenne toutes ses responsabilités en abandonnant les poursuites et en demandant la libération immédiate et sans conditions de M. André Okombi Salissa », a-t-il plaidé.

La Cour présente des scellés

Après la reprise de l'audience, la Cour a poursuivi avec l'enquête de personnalité avant d'entrer dans le vif de l'affaire marquée par la présentation des scellés, notamment les armes et munitions de guerre, ainsi que les colis qui seraient saisis au domicile de l'ancien membre du bureau politique du PCT, dont il réclame toujours son appartenance malgré sa suspension.

A la question de savoir s'il reconnaissait ces armes et colis saisis au domicile de l'une de ses épouses, Gisèle Ngoma, André Okombi Salissa a catégoriquement nié.

« Les armes ont été découvertes chez M. Ossibi Alphonse qui avait été arrêté au même moment que mon petit frère Ngambou ayant trouvé la mort à la Maison d'arrêt. C'est donc M. Ossibi qui habitait la maison qui doit répondre à la question pour dire qui était venu les déposer. Ce n'est pas à moi de répondre, parce que ce n'est ni ma résidence secondaire ni une résidence dans laquelle je vis. Je vous ai dit que ma femme a quitté le pays depuis 2006, elle réside en France », a-t-il répondu.

Dénonçant ce qu'il qualifie d'allégations mensongères, l'inculpé, en détention depuis deux ans, a rappelé à la Cour qu'il avait dit au juge d'instruction que l'importation et l'utilisation des armes étaient réglementées et encadrées au Congo. D'où la nécessité de faire recours aux fabricants pour en avoir la traçabilité. Quant au chef d'accusation portant sur l'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat et ses déclarations jugées tapageuses pendant la période référendaire, André Okombi Salissa qui reconnaît que le chef de l'Etat, Denis Sassou N'Guesso, est son mentor politique, les a balayés d'un revers de main.

« J'ai cru au président de la République comme leader. À la Conférence nationale souveraine, je l'ai défendu sans être dans le système, je l'ai accompagné dans la traversée du désert mais, depuis la tenue du 6e congrès extraordinaire du PCT en 2011, je n'étais plus d'accord avec la marche du parti », a-t-il expliqué, précisant qu'il était favorable à une alternance politique. C'est ce qui justifierait son départ vers les opposants au changement de la Constitution du 20 janvier 2002. ll a dit être parmi ceux qui avaient opté pour la limitation des mandats lors de l'adoption du projet de loi en Conseil des ministres, en 2001.

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