Tunisie: A la recherche d'une vision stratégique

3 Février 2019

La fonction publique n'étant plus en mesure de recruter davantage de jeunes diplômés -- sauf dans les secteurs stratégiques comme l'Intérieur, la défense, la santé et l'éducation -- les jeunes n'ont pas d'autres issues que d'adhérer à l'initiative privée en comptant sur eux-mêmes pour gagner leur vie.

D'ailleurs, l'Etat a mis en place plusieurs mécanismes facilitant aux futurs promoteurs l'accès aux crédits et l'accompagnement pour réussir le lancement de leurs affaires. La Banque tunisienne de solidarité a accordé plusieurs crédits à des diplômés qui désirent s'installer à leur propre compte.

Les femmes touchées par le chômage

D'après une enquête sur l'emploi publiée par l'Institut national de la statistique (INS), la population active en Tunisie s'établit à 4.077,1 mille au premier trimestre de 2017 et se répartit en 2.905,5 mille hommes et 1.171,6 mille femmes, ce qui représente respectivement 71,3% et 28,7% de la population active. On constate ainsi que les femmes sont les plus touchées par le chômage. Parfois, une jeune fille titulaire d'un diplôme supérieur ne parvient pas à trouver un emploi, ce qui l'oblige à rester à la maison en comptant sur sa famille ou sur son époux pour subvenir à ses besoins. Elle est ainsi dépendante financièrement d'autrui et ne peut pas réaliser toutes ses ambitions.

Au premier trimestre 2017, le nombre des personnes occupées s'établit à 3.451,5 mille et se répartit en 2.546,2 mille hommes et 905,3 mille femmes. Par rapport au quatrième trimestre 2016, le nombre des personnes occupées est de 3.436,7 mille, enregistrant ainsi une augmentation de 14,8 mille occupés. C'est dommage que l'investissement consenti depuis des années pour l'enseignement ne donne pas ses fruits dans la mesure où ces jeunes formés ne trouvent pas de l'emploi pour améliorer leurs conditions de vie. C'est pourquoi plusieurs jeunes préfèrent tenter leur chance ailleurs quitte à émigrer de façon illégale. La coopération technique offre, cependant, des postes dans certains pays du Golfe pour les employés en exercice ou ceux demandeurs d'emploi pour la première fois.

La répartition des personnes occupées selon les secteurs d'activités se présente comme suit : 51,9% dans le secteur des services, 18,3% dans le secteur des industries manufacturières, 15,0% dans le secteur agriculture et pêche et 14,8% dans le secteur des industries non manufacturières. Le secteur des services qui comporte plusieurs activités est ainsi classé en première position. On sait que les technologies de l'information et de la communication constituent l'une des activités préférées par les jeunes dont certains sont formés dans des institutions privées. Les offres d'emploi dans ce secteur ne cessent d'augmenter d'une année à l'autre compte tenu des investissements réalisés et qui sont en croissance continue.

Le chômage se développe

Le taux de chômage atteint 15,3% au premier trimestre 2017. Le nombre de chômeurs estimé pour cette même période s'établit à 625,6 mille du total de la population active, soit un taux de chômage de 15,3%, et ce, contre 632,5 mille chômeurs pour le quatrième trimestre 2016 et un taux de chômage de 15,5%. Malgré les efforts déployés pour l'insertion des jeunes dans la vie active, le chômage demeure encore élevé. Certaines entreprises privées qui passent par une situation économique et financière difficile ne sont plus en mesure de recruter. D'autres vont jusqu'à licencier des employés pour alléger un tant soit peu le fardeau des salaires. La situation économique mondiale caractérisée par une récession dans certains secteurs se répercute directement sur le chiffre d'affaires des sociétés tunisiennes qui ont besoin de soutien et d'accompagnement.

Le nombre des diplômés chômeurs de l'enseignement supérieur est estimé à 259,6 mille au premier trimestre 2017 et à 262,4 mille au quatrième trimestre 2016, ce qui correspond respectivement aux taux de chômage de 31,2% et de 31,6%. Une révision de fond est nécessaire au niveau de l'enseignement supérieur pour l'adapter réellement aux besoins de l'économie et surtout à ceux des entreprises privées. Dans ce cadre, il est souhaité d'impliquer les chefs d'entreprise dans toute démarche préconisée afin qu'ils donnent leur avis et font les observations nécessaires, à prendre en considération lors de l'élaboration des programmes.

C'est le même cas également pour la formation professionnelle qui doit coller davantage à la réalité des entreprises économiques pour éviter le chômage après formation. Une vision stratégique doit caractériser les mesures à prendre dans le domaine de l'enseignement et de la formation qui doit être lié au monde de l'entreprise qui ne trouve pas, parfois, des compétences capables d'occuper un poste de haute responsabilité.

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