3 Février 2019

Sénégal: Présidentielle sénégalaise - Le scrutin est-il si joué d'avance ?

Photo: © RFI/William de Lesseux
Les militants d'Ousmane Sonko préparent leur char pour défiler dans Dakar.

Faites vos jeux, rien ne va plus ! Les candidats sont lâchés, et les paris ouverts dans la course à la magistrature suprême du Sénégal. Ils sont cinq challengers, âgés de 44 à 65 ans, à la conquête des suffrages des 7 millions d'électeurs sénégalais.

Ils ont trois semaines, soit du 3 au 22 février, pour convaincre qu'ils ont le meilleur programme pour être le Primus inter pares au pays de la Teranga les 7 prochaines années.

Que ce soit le sortant, Macky Sall, le volontariste, Ousmane Sonko, l'outsider, Idrissa Seck, le conservateur, Issa Sall, ou le surprenant dissident du Parti démocratique sénégalais (PDS), Madické Niang, ces étoiles de la galaxie politique sénégalaise entendent chacune créer l'événement au soir du 24 février prochain.

Alors, pour se singulariser des autres et se donner l'image d'un charismatique homme d'Etat, chacun des candidats y va de sa stratégie : des manœuvres de ralliement des recalés de la course, entamées dans les coulisses et conclues sous les flashs des médias à la stratégie du silence pour aiguiser la curiosité et la sympathie des électeurs, tout y passe.

En tout cas, l'objectif du président sortant est de réussir un coup K.-O., c'est-à-dire se faire réélire dès le premier tour, alors que ses adversaires jurent de le contraindre à un second à forte probabilité de défaite pour lui.

Que ce soit une victoire en un coup K.-O. ou en deux coups, échec et mat pour Macky Sall, jamais une élection présidentielle au Sénégal aura été autant marquée par l'ombre de candidats recalés : Kalifa Sall et Karim Wade.

Ces poids lourds de l'opposition, empêtrés dans des ennuis judiciaires, sont les poils à gratter du président sortant, accusé à tort ou à raison d'avoir instrumentalisé l'appareil judiciaire pour les écarter de cette élection présidentielle.

Mais même absentes des starting-blocks, ces personnalités ne continuent pas moins de peser grandement sur cette campagne :

ainsi, Kalifa Sall a transformé sa cellule de la prison de Rebeuss en QG de campagne où il reçoit ses fidèles lieutenants et des leaders d'autres partis politiques désireux de faire alliance avec lui.

Une occasion pour le célèbre prisonnier de Dakar de faire un plaidoyer pro domo en indiquant qu'il réserve son soutien au candidat qui prône une véritable séparation des pouvoirs pour une véritable indépendance de la justice. On n'a pas besoin d'un dessin pour comprendre que Kalifa Sall appellera à voter tout sauf Macky Sall.

Au demeurant, le président sortant aurait tort de croire qu'en l'absence de ces poids lourds de l'opposition, Kalifa Sall et Karim Wade, c'est un boulevard qui s'ouvre devant lui pour une réélection sans coup férir.

Les électeurs sénégalais ont déjà montré par le passé qu'ils ne sont pas prêts à succomber aux charmes « des grands travaux » et des « chantiers à achever » du président sortant au point de lui accorder une prime d'excellence : Abdou Diouf en 2000 et Abdoulaye Wade en 2012 ont fait l'amère expérience de l'excès de confiance du président-candidat à sa réélection.

Dès lors, malgré la large coalition qui le soutient et le ralliement inespéré de dernière minute d'opposants virulents à sa candidature, Macky Sall ne devrait pas s'imaginer que cette campagne est une formalité à remplir pour obtenir un second mandat.

Cette présidentielle n'est pas jouée d'avance. Elle a sa part de suspense du fait de la grande maturité des électeurs sénégalais, capables de renvoyer Macky Sall à ses chères études politiques, entre autres, pour son implication subodorée dans les ennuis judiciaires de Kalifa Sall et de Karim Wade, les grands absents-présents dans cette campagne électorale.

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