5 Février 2019

Libye: Frappes françaises au nord du Tchad contre une colonne armée venue de Libye

Photo: Le Pays
Des soldats tchadiens

Une patrouille de Mirage 2000 français a procédé dimanche dans le nord du Tchad à des frappes, en appui de l'armée tchadienne, pour arrêter une colonne de 40 pickups d'un groupe armé en provenance de Libye, a annoncé lundi Paris.

La colonne visée était celle de l'Union des forces de la résistance (UFR), a indiqué son porte-parole Youssouf Hamid, interrogé au téléphone par l'AFP depuis Libreville.

Il a déploré le "tournant dangeureux" pris par la France en intervenant militairement dans les "affaires internes" du Tchad. Selon Paris, l'intervention des Mirage 2000 a "permis d'entraver cette progression hostile et de disperser la colonne" qui "s'infiltrait profondément en territoire tchadien", selon le communiqué du ministère des Armées français.

"On progresse toujours, on est prêt à (affronter) tout ce qui est devant nous, tout ce qui va se placer devant nous. On n'a pas peur des frappes aériennes françaises", a affirmé M. Hamid.

Il n'a pa sprécisé si l'objectif de cette colonne était d'atteindre la capitale N'Djamena, comme l'UFR l'avait tenté en 2008.

Les avions de combat de la force militaire française au Sahel Barkhane, partis de la base aérienne de N'Djamena, ont d'abord effectué un un vol d'intimidation à très basse altitude au-dessus de la colonne qui a continué d'avancer malgré cet avertissement, selon Paris. Une seconde patrouille de Mirage 2000 a ensuite procédé à deux frappes.

"La colonne avait été répérée depuis au moins 48 heures. L'armée de l'air tchadienne avait déjà procédé à des frappes pour les stopper", avant de solliciter l'intervention française, a détaillé le porte-parole de l'état-major français, le colonel Patrik Steiger.

Les frappes françaises ont eu lieu "entre le Tibesti et l'Ennedi", de même source, contre la colonne qui était jusqu'à 400 km à l'intérieur du pays.

"Le peuple tchadien répondra (aux frappes aériennes françaises), cela peut passer par manifester une hostilité à l'encontre des Français", a indiqué M. Hamid en estimant que "Paris est devenue une force hostile au peuple tchadien". En 2008, une colonne armée de l'UFR venue de l'est avait atteint les faubourgs de N'Djamena et failli renverser le pouvoir du président Idriss Déby.

L'UFR est dirigée comme en 2008 par Timane Erdimi, neveu du chef de l'Etat et membre comme lui de l'ethnie des Zaghawa, originaire du nord-est.

Par ailleurs, la force conjointe du G5 Sahel a mené trois opérations depuis le 15 janvier, a annoncé dimanche son commandant, le général mauritanien Ould Sidi Hanana.

"Nous avons mené trois opérations dans les différents fuseaux du centre, de l'ouest et de l'est", a déclaré le général Ould Sidi Hanana, lors d'un conseil des ministres des pays membres du G5 sahel (Mali, Mauritanie, Tchad, Niger et Burkina Faso), en prélude à un sommet des chefs d'État, le mardi 5 février.

Lancé en 2015, avec l'appui de la France, le G5 Sahel (Burkina, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) qui a réactivé en 2017 son projet de force conjointe, tardait à lancer ses opérations et à mobiliser les 414 millions d'euros promis lors de la conférence internationale des donateurs de février 2018.

"C'est une question de mobilisation des financements qu'il faut régler, particulièrement le financement de la force du G5 Sahel", a indiqué Mme Kane.

En un an, la force a atteint quelque 80% de ses effectifs prévus de 5.000 militaires et mené six opérations avec l'appui direct et logistique de Barkhane, sans réel impact sur le terrain, où elle n'a pas encore été au contact des jihandistes.

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