4 Février 2019

Centrafrique: Vers un partage du pouvoir en RCA

Au Soudan, un accord a été trouvé entre le gouvernement et les 14 groupes armés. Le Premier ministre devrait être issu des groupes rebelles et une "justice transitionnelle" va traiter les crimes les plus graves.

Cet accord a été obtenu après une dizaine de jours de négociations et sera paraphé demain mardi dans la capitale soudanaise.

Les grandes lignes de l'accord portent sur la désignation d'un Premier ministre et la question de l'amnistie pour les groupes rebelles.

Officiellement, rien n'a filtré

Hors micro, plusieurs sources jointes par la DW nous ont dévoilé quelques points clés de cet accord :

un gouvernement d'union nationale sera formé sous peu comprenant toutes les forces politiques et sociales du pays.

ce gouvernement sera dirigé par un Premier ministre issu des rangs des représentants des groupes armés. Un nom revient avec insistance : celui de Moustapha Sabone, ancien coordinateur général du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique, le FPRC dirigé par Noureddine Adam. Son frère, Abakar Sabone, est d'ailleurs le chef de la délégation de ce groupe rebelle aux négociations de paix de Khartoum.

les rebelles centrafricains pourraient bénéficier d'une "justice transitionnelle".

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L'avenir judiciaire des rebelles

Les responsables des groupes armés exigeaient une amnistie générale, rejetée par le gouvernement centrafricain. Finalement, un consensus aurait été trouvé avec la mise en place d'une justice transitionnelle.

Les crimes imputés à certains éléments rebelles seront traités au cas par cas, selon leur gravité et leurs auteurs traduits en justice.

Une Commission justice, vérité et réparations sera mise en place pour examiner les dossiers.

Et le désarmement ?

Pour faciliter le désarmement, la démobilisation et la réinsertion, des brigades mixtes composées de rebelles et des forces armées centrafricaines seront créées, placées sous la supervision des forces de l'ONU de la Minusca.

Une lueur d'espoir...

Selon le journaliste Louis Keumayou, c'est un premier pas à saluer. Il explique que le principal "espoir" suscité par l'annonce de Khartoum, "c'est que l'accord soit finalement signé et que les différentes parties prenantes tiennent leurs engagements."

... mais des doutes persistent

Le journaliste se demande : "Est-ce que tout le monde aura la volonté d'aller au bout de cette démarche de désarmement, de pacification, c'est un tout autre débat. Mais, il faut bien qu'il y ait des lueurs comme celles-là qui s'allument pour que l'espoir de paix continue de vivre."

L'accord de Khartoum est le 8ème conclu depuis 2012. Les pourparlers qui ont abouti à sa conclusion ont été facilités par l'Union africaine et les Nations-Unies.

Après le paraphe prévu demain, l'accord devra être signé par les protagonistes à Bangui, nous a confié le président de l'Assemblée nationale centrafricaine, Laurent Gon Baba, en poste depuis octobre 2018.

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