Afrique de l'Ouest: G5 Sahel - Sortir enfin des salons feutrés

Photo: fasozine
Présidence du G5 Sahel: les trois priorités du président du Faso

Le cinquième sommet du G5 Sahel s'est tenu ce mardi 5 février à Ouagadougou, dans un contexte on ne peut plus préoccupant.

Il ne se passe plus 48 heures sans qu'on déplore des attaques terroristes contre les forces de défense et de sécurité ou de paisibles populations qui vaquaient à leurs occupations ; pas plus tard que la veille même du sommet, une attaque à Kain-Ouro dans le Yatenga a fait une quinzaine de morts, portant à quelque 300, le nombre de victimes paramilitaires, militaires et civiles tombées depuis 4 ans.

C'est donc ce décor apocalyptique qui a servi de cadre à la rencontre entre Roch Marc Christian Kaboré du Burkina, Ibrahim Boubacar Keita du Mali, Mohamed Ould Abdel Aziz de Mauritanie, Mamadou Issoufou du Niger et Idriss Deby Itno du Tchad. Cinq chefs suprêmes des armées sur le pied de guerre au moment où nos forces de défense et de sécurité sont incapables d'enrayer la spirale infernale tandis que la force conjointe du G5 Sahel, qui était censée mutualiser les efforts des 5 pays membres pour une réponse plus conséquente, peine véritablement à démarrer. Les sommets se succèdent ainsi, sans que le projet salvateur parvienne à s'extraire des salons feutrés pour enfin investir le terrain.

La faute à pas d'argent. Les Etats concernés étant eux-mêmes particulièrement impécunieux et obligés de tendre la sébile, pour ne pas dire la gamelle. Pourtant, à la table ronde des bailleurs de fonds tenue en février 2018 dans la capitale belge, les promesses de dons avaient plu.

Mais il faut croire que ce n'était, hélas, que des effets d'annonce, puisqu'un an après Bruxelles, Ouagadougou a dû faire le constat du manque cruel de moyens. Si donc le nerf de la guerre manque déjà pour mettre cette machine poussive en marche, qu'en sera-t-il de la pérennité de l'entreprise commune ?

En attendant que, sur ce vaste champ de bataille sahélo-saharien, on puisse voir de façon concrète les résultats de cette force conjointe, il faudra se contenter des propos de son commandant mauritanien, qui confirme qu'elle a mené 3 opérations depuis le 15 janvier sans qu'on sache où.

Alors pourquoi ne pas se contenter de mesures plutôt symboliques comme la création d'une compagnie aérienne dont on se demande quelle est l'urgence dans un tel contexte, alors qu'on leur demande d'avoir... les pieds sur terre.

Autre mesure phare de ce sommet, l'érection d'un Centre sahélien d'analyse des menaces précoces, qui sera basé à Ouagadougou. En réalité, un petit cadeau au président du Faso qui prend la présidence tournante du G5 Sahel.

Une organisation qui compte déjà un Centre de fusion des renseignements à Niamey, un Centre sahélien de sécurité à Bamako, un Collège de défense à Nouakchott et une académie régionale à Koundoul au Tchad. Des structures certes importantes et utiles dans la lutte contre le terrorisme, mais dont le fonctionnement nécessite des moyens qui manquent cruellement.

Il faut donc espérer que la présidence de Roch Marc Christian Kaboré insuffle un nouveau dynamisme à la force conjointe.

Ne prend-il pas le commandement sous des auspices prometteurs, puisque, suite aux tueries de Kain-Ouro, une riposte terrestre et aérienne de nos FDS aurait, selon un communiqué officiel de l'état-major, « neutralisé 146 terroristes » ?

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Plus de: L'Observateur Paalga

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