6 Février 2019

Afrique: Mutilations génitales féminines - «Notre lutte continuera avec la même vigueur et la même détermination » (Sika Kaboré)

Photo: @UNFPA_WCARO
#MutilationsGénitalesFéminines (MGF), car si l’on n’accélère pas les efforts dans la lutte contre cette violation des droits humains, 68 millions de filles seront excisées d’ici à 2030.
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Le 6 février 2003, le Comité Inter-Africain sur les pratiques traditionnelles affectant la santé des femmes et des enfants (CI-AF) a clôturé à Addis-Abeba (Éthiopie), sa conférence internationale Tolérance Zéro aux mutilations génitales féminines.

A cette occasion, la communauté internationale dont les Nations Unies a accepté la proposition du CI-AF de retenir le 6 février, date anniversaire de la création du CI-AF, pour la célébration de la Journée internationale Tolérance Zéro aux Mutilations génitales féminines (MGF).

C'est ainsi que, chaque année, depuis 2004, les gouvernements, le système des Nations Unies, les organisations de la société civile et les personnes de bonne volonté se mobilisent pour faire le bilan de la lutte pour l'élimination des mutilations génitales féminines.

Il s'agit par ailleurs de projeter les actions à venir pour accélérer l'atteinte de la tolérance zéro aux MGF en 2030 conformément aux Objectifs du développement durable (ODD) qui visent à « réaliser l'égalité des genres et donner des capacités et du pouvoir aux femmes et aux filles » et à « éliminer toutes formes de pratiques néfastes telles que les mariages d'enfants et les mutilations génitales féminines ».

En dépit de cette mobilisation mondiale soutenue par des instruments importants dont la Résolution A/RES/67/146 de l'Assemblée Générale des Nations Unies, le Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes et les différents projets et programmes nationaux, 68 millions de filles risquent fortement de subir cette pratique.

Face à la gravité de la situation, mais aussi à l'espoir suscité par les résultats obtenus au cours de ces dernières années, l'Union Africaine a lancé en octobre 2018 au Burkina Faso son programme de lutte pour l'élimination des mutilations génitales féminines.

Son Excellence Monsieur le Président du Faso, Roch Marc Christian KABORE, a été désigné comme champion chargé de tenir le leadership du plaidoyer au niveau africain et international.

Cette désignation renforce mon engagement et celui du Comité Inter-Africain dont j'ai l'honneur d'être l'Ambassadrice de Bonne Volonté.

Les 29 comités nationaux des pays africains membres du CI-AF et les 22 pays non africains affiliés, continuent de travailler avec courage, détermination et abnégation en étroite collaboration avec tous les partenaires engagés dans cette noble lutte.

Les récentes statistiques qui annoncent une baisse significative de la prévalence des MGF en Afrique sont un motif de satisfaction mais ne doivent pas nous pousser au relâchement de notre engagement dans la lutte contre les facteurs endogènes et exogènes qui sous-tendent cette pratique traditionnelle néfaste.

Aujourd'hui, 6 février 2019, où nous célébrons cette Journée sous le thème « Traduire les décisions politiques en actions concrètes à la base pour accélérer l'atteinte de la tolérance zéro aux mutilations génitales féminines en 2030 », démontrons encore que tant qu'il existe une fille potentiellement victime des mutilations génitales féminines, notre lutte continuera avec la même vigueur et la même détermination.

A tous les membres du Comité Inter-Africain, à tous les pays engagés, aux organisations africaines sous-régionales, à l'Union Africaine, au Système des Nations Unies, à la société civile, aux organisations privées, aux communautés, aux femmes et hommes de bonne volonté, j'adresse mes vives félicitations et mes encouragements afin qu'en 2030, pourquoi pas avant, les mutilations génitales féminines soient bannies du monde.

Ensemble, mettons fin aux mutilations génitales féminines !

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