Afrique: Réfugiés et déplacés au menu du sommet de l'Union africaine à Addis Abeba

7 Février 2019

Les chefs d'Etat et de gouvernement africains réunis les 10 et 11 février se pencheront sur le sort des millions de déplacés de force du continent.

La réunion annuelle de l'Union africaine prend fin avec le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, dimanche et lundi, à Addis Abeba.

Au cœur des discussions : la question des 18 millions de déplacés internes sur le continent africain qui, à la différence des réfugiés, ne bénéficient d'aucune protection international puisqu'ils n'ont pas franchi de frontière.

Trouver des solutions africaines

Qu'ils fuient à pied, en voiture ou par bateau, les réfugiés et déplacés internes du continent africain se comptent par dizaines de millions. Il est donc grand temps de réfléchir sérieusement au problème, estime Erol Yayboke.

Directeur adjoint du think tank américain Center for strategic and international studies, il explique pourquoi il est "essentiel que l'Union africaine trouve des solutions africaines aux problèmes africains":

"Quand on est déplacé et qu'on passe une frontière, on est en droit de demander l'asile. Mais la plupart des déplacés ont tendance à rester déplacés dans leur propre pays. La communauté internationale a alors moins de possibilités de leur venir en aide, pour des questions de souveraineté nationale. Souvent, on croit que les réfugiés sont les personnes les plus vulnérables dans le monde alors qu'en fait ce sont les déplacés qui vivent dans les pires conditions."

30 millions de personnes ont besoin d'assistance en Afrique

Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) évalue qu'en 2018, 30 millions de personnes avaient besoin d'assistance sur le continent africain : sept millions et demi de réfugiés, 630.000 demandeurs d'asile, un million d'apatrides et un demi-million de "retournés", c'est-à-dire des personnes rentrées chez elles après avoir fui.

Sur les 21 millions restants, 18 millions de personnes sont des déplacés internes. Le pays le plus touché est la République démocratique du Congo, suivi de la Somalie et du Nigeria.

Kathleen Newland, co-fondatrice de l'Institut des politiques migratoires, travaille aussi pour le HCR. Elle pense que le pouvoir réel de l'Union africaine est limité. Selon elle, "l'UA ne dispose pas des instruments nécessaires pour influer les Etats sur ce qu'ils doivent faire ou pas. Je pense que les choses vont bouger mais très, très lentement."

Malgré l'absence de cadre juridique approprié, certains événements récents sont encourageants. A l'instar du rapprochement entre l'Erythrée et l'Ethiopie, ou l'accord de paix signé à Bangui, qui laissent espérer la fin prochaine de conflits qui ont poussé des centaines de milliers de personnes sur les routes.

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