Congo-Brazzaville: Violences conjugales - #JeNeSuisPasUnTamTam, un mouvement de lutte très en vogue sur les réseaux sociaux

Elles sont femmes, jeunes comme adultes, témoins, victimes ou ont déjà entendu parler du fléau. Elles ont toutes décidé de lever leurs voix pour la joindre à celle de Marlène Binta Tchibinda, une Brazzavilloise qui a récemment été battue à mort par son mari.

En dépit des efforts amorcés en République du Congo, la lutte contre les violences conjugales faites aux femmes demeure encore grande. Malgré qu'il y ait un ministère consacré exclusievement aux questions des femmes, des associations et organisations non gouvernementales pour la soutenir et la défendre, il est triste de constater que de nombreuses femmes tolèrent encore d'être maltraitées, insultées, rabaissées, battues et méprisées.

Selon l'unité de prise en charge des victimes de violences de l'hôpital de base de Bacongo, les violences conjugales sont l'un des délits les moins dénoncés. En effet, du fait qu'elles ont lieu dans le cercle familial, les proches ont tendance à préserver l'unité en leur sein au détriment de la justice qui doit être rendue.

C'est face à cette réalité lamentable que les femmes congolaises ont décidée, à travers le mouvement #JeNeSuisPasUnTamTam, de ne plus se taire, de protester contre toutes formes de violences faites à leur égard en vue de garantir leur sécurité.

Sur Facebook, par exemple, la cinéaste congolaise, Liesbeth Mabiala, a rappelé à la société que « la machette n'a pas été fabriquée pour découper l'être humain ». Partageant cet avis, l'artiste comédienne, Mixiana Laba, a également publié « #JeNeSuisPasUnTamTam ! Je ne suis pas une chose. Stop à la sauvagerie consciente ! Désormais bats-toi avec ta conscience, que tes sombres doigts ne touchent point l'âme fragile et sensible d'une femme ».

Selon Mariusca Moukengue, artiste slameuse, le corps humain est sacré et inviolable et la violence n'est autre que l'arme des faibles.

Pour une justice équitable !

Il est bien vrai que la lutte contre les violences faites aux femmes exige l'application d'une justice équitable à l'égard des victimes. Les coupables doivent écoper de la sanction qu'ils méritent en fonction des conséquences de leurs crimes.

A cet effet, en réponse à une publication sur twitter, Gabrielle Seinzor, entrepreneure dans le secteur du numérique, estime « qu'il est important que cette campagne soit vulgarisée. Aucune femme ne mérite d'être maltraitée physiquement ou psychologiquement ».

Briser le silence pour sauver des vies

Les violences conjugales faites aux femmes entraînent plusieurs conséquences au nombre desquelles la tendance à la nervosité, à l'agressivité et au suicide, les railleries, la marginalité, la déformation physique, l'arrêt du travail, etc.

Ainsi, à travers son compte twitter‏ @DelaliGats, la gérante du groupe Dtranslating invite la société congolaise à dénoncer les faits. « Nous n'avons peut-être pas le pouvoir des décisionnaires mais, je pense que lorsqu'on est touché, il faut en parler car, tout commence par des mots #JeNeSuisPasUnTamTam », a-t-elle souligné.

Dans un autre tweet, précise-t-elle, « n'attendez pas que les choses s'aggravent pour dire ce que vous pensez. Communiquez avec beaucoup d'amour et de respect. Evitez l'ignorance dans vos relations et la colère extrême. L'amour n'est pas censé faire mal. #JeNeSuisPasUnTamTam ».

En rapport avec le drame subi par Marlène Binta, Lionelie Mounk a déclaré : « Les violences contre les femmes sont l'une des violations des droits humains les plus répandues au Congo Brazza et pourtant les moins reconnues. J'en ai fait mon combat, changeons les mentalités. Cela commence par la parole. Stop! #JeNeSuisPasUnTamTam #moncorpsmappartient ».

Suivez le lien http://www.adiac-congo.com/content/violence-conjugale-le-fugitif-patrick.... Pour le rappel des faits.

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