Madagascar: Déluge sur la Capitale - Panique sur les hauteurs de Tana et dans la ville basse

Après plusieurs jours au sec, la ville d'Antananarivo a vu, hier, s'abattre sur elle un véritable déluge qui a créé la panique aussi bien sur les hauteurs de la Capitale que dans la ville basse, et paralysant la circulation jusqu'à tard dans la nuit.

En quelques minutes, l'eau est montée jusqu'à mi-cuisse, puis jusqu'à hauteur de la poitrine des piétons et piégeant des véhicules au beau milieu de la chaussée inondée du côté d'Andravoahangy Mascar.

Ailleurs, les vents violents et les torrents arrivant également à mi-jambe, emportent des kilos et des kilos de marchandises, lesquelles disparaissent en quelques secondes dans les caniveaux, sous les yeux médusés de leurs propriétaires au marché de Mahamasina.

Ces scènes surréalistes qui se sont déroulées, hier, respectivement à Andravoahangy et au « marché du jeudi » à Mahamasina, lors de la pluie diluvienne qui s'est abattue sur Antananarivo, montre la force de ce que les Tananariviens n'ont pas hésité à qualifier de véritable déluge, tellement les dégâts étaient impressionnants.

Ultra-rapide ! De 14h30 à 16h, l'orage a eu pour effet de faire ressurgir les maux dont souffrent la ville des Mille et ses habitants à chaque période de pluie : canaux bouchés, rues inondées, plusieurs heures de crues, risque d'éboulement... mais la situation d'hier, par la force des vents et des torrents ainsi que la vitesse avec laquelle la crue s'est installée, a créé un vent de panique chez les usagers des rues, impuissants face à la situation.

La montée des eaux était, en effet, la plus redoutée par les passants qui ont dû se trouver rapidement un abri au moment où les eaux pluviales commencent à se déverser sur la ville basse, à l'origine de la crue.

Résultat : des rues complètement sous les eaux, voire des courants un peu partout : d'Anosy aux 67ha en passant par Anosibe, Analakely, Behoririka, Ankorondrano, Ivandry, Andravoahangy, Besarety et ailleurs.

Circulation paralysée. La situation n'était pas sans risque, plus particulièrement pour les enfants et les jeunes élèves sortant du collège ou du lycée.

Sans parler des difficultés de l'ensemble des usagers des transports en commun, devant batailler plus que les autres jours pour réussir à avoir une place dans les taxis-be, devenus rares.

Dès 15h30, les ralentissements ont commencé, amenant à une circulation complètement paralysée dans la Capitale dès 16h30. Taxis-be comme voitures particulières ont fait du sur place pendant de longs moments, voire au-delà d'une heure, avant de rouler... au pas, sur quelques mètres, puis s'immobiliser à nouveau.

Situation qui a eu pour conséquence d'augmenter le nombre des adeptes forcés de la marche à pied, hier soir. Jusque tard dans la nuit, la circulation a eu du mal à retrouver une fluidité.

Les populations de « La Haute » sur le qui-vive. Sur les hauteurs d'Andohalo, d'Ambohipotsy, et sur le versant opposé, le sentiment d'insécurité était palpable chez certains habitants de ces quartiers.

Un ressenti exprimé surtout après les récentes tragédies causées par les éboulements ou des chutes de rochers, suite à une averse ou après quelques jours d'une forte pluie, comme c'était le cas samedi dernier.

Un nouvel épisode de glissement de terrain ou de chute de rochers reste, en effet, à craindre, autour des quartiers présentant des pentes plus ou moins fortes, ou menaçant de s'ébouler. Des mesures d'anticipation prises dans les quartiers concernés ont permis de limiter les risques.

En contrebas de la ville haute, les propriétaires de maisons qui ont dû être abandonnées suite à la mesure d'évacuation, sont inquiets de ce qui pourrait arriver à leurs biens, les orages étant un facteur de risque d'éboulement ou de fissures et chutes des rochers situés en hauteur.

Situation justement à l'origine de l'évacuation qui peine encore à trouver la bonne voie d'exécution, face aux doléances des populations concernées.

En effet, pour certains d'entre elles, c'est du fruit du travail et de l'économie de toute une vie qui risque d'être réduit à néant, au cas où aucune mesure d'accompagnement en termes de compensation, ne viendrait renforcer la mesure d'évacuation, voire éventuellement, d'abandon de leurs propriétés.

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