8 Février 2019

Tunisie: Retour aux sources et décloisonnement des espaces

Dans un entretien accordé à l'agence TAP, le directeur du festival, Mourad Mathari, a dévoilé les différentes lignes de cette 14e édition qui débutera le 4 avril 2019 avec une nouvelle approche, de nouveaux partenaires et une nouvelle salle «Versailles» pour accueillir les nouveaux invités du festival qui, tout au long des précédentes éditions, a émerveillé son large public par des artistes de renom comme Pink Martini, Joss Stone ou encore Melody Gardot.

«Jazz à Carthage», un festival de jazz ouvert aux autres genres musicaux

«Après mon expérience dans la production exécutive au sein du Festival de Jazz à Tabarka de 1996 à 2003, m'est venue l'idée de continuer cette aventure dans une expérience privée afin de répondre aux attentes des passionnés du jazz», a indiqué Mourad Mathari en évoquant le début de l'aventure du festival en 2005.

Au début de l'aventure, les concerts se faisaient essentiellement à l'Acropolium de Carthage qui offre une salle acoustique s'adaptant à la vocation jazzy du festival puis «nous avons opéré un changement d'espace en optant pour la salle Barcelo», a-t-il fait remarquer.

La salle en question située dans un hôtel de la banlieue nord de Tunis répond mieux à l'évolution du festival et son ouverture sur d'autres genres musicaux, a-t-il expliqué, en soulignant que la ligne de départ 100% jazz a évolué en fonction du public et de ses attentes.

Parlant de l'évolution du festival et son ouverture sur la musique pop, soul et musique du monde, Mourad Mathari a mentionné que cette démarche d'ouverture est une politique assumée par la direction du festival, citant comme exemple, à ce sujet, les différents festivals mondiaux de jazz comme celui de Montreux qui est un festival de jazz ouvert aux musiques Rocks et Blues.

Il a, dans le même contexte, mentionné que les festivals actuels qui proposent une programmation 100% jazz dans le monde sont des festivals 100% subventionnés.

La diversité de la programmation permet à un festival privé comme « Jazz à Carthage» d'assurer un équilibre entre rentabilité et accessibilité tout en offrant une programmation de qualité et ouverte aux autres genres musicaux.

Encourager l'industrie culturelle, un important levier de croissance

«Face à l'absence de subventions, le volet réservé aux activités ludiques et aux master class a été réduit dans la programmation du festival pour se concentrer sur le "live"», a regretté Mathari. De son avis, la réglementation tunisienne n'encourage pas l'industrie culturelle à se développer. Selon la même source, la bureaucratie et la législation ne facilitent pas le travail des promoteurs des festivals privés à investir dans l'industrie culturelle, bien qu'elle représente un important levier de croissance pour le pays.

Tout en soulignant la valeur ajoutée et les retombées de l'industrie culturelle dans des pays comme les Etats-Unis, la France ou la Turquie, Mourad Mathari a déploré l'absence d'une volonté politique soutenant l'initiative privée en signalant que pour le promoteur privé, ramener des artistes étrangers reste toujours un travail périlleux face aux exigences administratives et fiscales demandées par l'Etat avant même la venue de l'artiste.

Mathari a, par ailleurs, indiqué que dans le cadre du festival «Jazz à Carthage», la direction du festival a voulu louer les salles de la Cité de la culture pour un ou deux événements, mais «aucune réponse n'a été donnée jusqu'à présent de la part de l'administration de la Cité aux propositions soumises par la direction du festival».

Nouveaux espaces : la salle « Versailles» située dans le Pavillon des Baies de Gammarth

Après 13 ans de collaboration avec les propriétaires de la salle « Barcelo», le contrat est rompu pour un différend financier. «La recherche d'une nouvelle salle m'a poussé à retourner à ma première idée de la conception du festival» a précisé Mathari. L'idée première était, en fait, une manifestation qui mise sur la diversification des espaces, avec entre autres un espace dédié au jazz, et sur les animations parallèles, à l'instar des spectacles de rue, des master class ou des expositions autour du jazz.

Dans cette édition 2019, la programmation du jazz a été étoffée et plusieurs partenaires sont impliqués comme la municipalité de La Marsa ou l'Institut Français de Tunisie (IFT), a révélé le directeur en annonçant que le festival se compose de deux parties.

« La première partie c'est pour chauffer l'ambiance et annoncer la couleur avec la cérémonie d'ouverture le 4 avril à la salle de cinéma Alhambra de la Marsa avec une programmation musicale tuniso-européenne», a-t-il mentionné. Cette phase sera, aussi, sous le signe de l'ouverture et du retour aux sources avec un programme dédié au jazz à l'Acropolium de Carthage, deux concerts à l'IFT et des animations de rue avec l'installation d'un podium pour des spectacles en plein air à La Marsa, a lancé Mathari. Avec le soutien de l'ambassade de France en Tunisie, deux concerts de grande qualité à tarif réduit sont programmés au siège de l'IFT, a-t-il encore ajouté.

La seconde partie de la programmation, qui se déroulera du 4 au 14 avril, va se concentrer dans la nouvelle salle du festival, la salle « Versailles» située dans le Pavillon des Baies de Gammarth, a dévoilé l'organisateur en précisant que le public découvrira chaque soir deux spectacles animés par des artistes mondialement connus.

Parmi les invités de la 14e édition, le crooner italien Mario Biondi, le groupe pop-soul français Kimberose ou encore le groupe de jazz anglais Kokoroko, a annoncé Mathari avant de conclure : «En fonction du sponsoring et de l'accueil du public de cette nouvelle conception du festival, une prolongation du festival est envisageable jusqu'au mois de juin avec une programmation en plein air dans l'espace extérieur du Pavillon des Baies de Gammarth qui peut accueillir jusqu'à 3.000 personnes».

Ajouté le : 08-02-2019

Tunisie

Oussama Haddadi - Le Tunisien blessé à une cheville

C'est sans Oussama Haddadi que le Dijon FCO, barragiste, a réalisé une belle opération dans le bas… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2019 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.