Afrique: Des "avancées notables" dans le développement de l'Afrique en 2018

Addis-Abeba — Des "avancées notables" dans le développement de l'Afrique ont été enregistrées en 2018, une année marquée par une "accélération spectaculaire" des perspectives de l'intégration à l'échelle du continent africain, a affirmé samedi à Addis-Abeba M. Ibrahim Assane Mayaki, secrétaire exécutif de l'agence de développement de l'Union africaine (ADUA/NEPAD).

"L'année 2018 a permis de réaliser des avancées remarquables pour le développement de l'Afrique et, implicitement, pour l'Agence de développement de l'Union africaine (ADUA), qui a remplacé le NEPAD", a indiqué M. Mayaki lors d'un point de presse consacré au bilan annuel du NEPAD, tenu en marge du 32ème sommet de l'UA prévu dimanche et lundi.

Il a relevé également une "accélération spectaculaire" des perspectives de l'intégration à l'échelle du continent africain en 2018. "Des jalons décisifs ont été posés et des étapes irréversibles ont été franchies concernant deux des objectifs phares de I'Agenda 2063 de l'UA Africaine à savoir la création d'une zone de libre-échange à l'échelle continentale et celle d'un marché unique du transport aérien", s'est-il félicité.

Il a estimé que la zone de libre-échange continentale, entérinée par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA lors du sommet extraordinaire de Kigali (mars 2018) "ouvre des perspectives nouvelles à l'intégration régionale".

"Aux termes de cet accord, qui devra être ratifié par 22 Etats signataires pour entrer en vigueur, les droits de douane frappant les échanges intra-africains seront progressivement éliminés, ce qui permettra aux entreprises africaines de négocier plus facilement sur le continent et de répondre aux demandes d'un marché en pleine croissance", a-t-il expliqué.

Les estimations de la Commission économique pour l'Afrique (CEA) indiquent que la ZLEC "pourrait accroître le commerce intra-africain de 52,3 %, une proportion qui pourrait doubler si les obstacles non-tarifaires étaient également réduits", a-t-il estimé, ajoutant que les exportations industrielles africaines devraient bénéficier le plus de la ZLEC, qui, une fois réalisée, "deviendra la plus importante zone de libre-échange continentale de la planète, au regard de la population concernée par le traité".

Pour ce qui est du marché unique du transport aérien, lancé en 2018 par la Commission de l'UA, cette initiative marque une "importante étape pour accroitre sa mise en oeuvre, a-t-il relevé, rappelant que "80% du trafic aérien en Afrique est encore assuré par des compagnies étrangères".

La libéralisation de l'accès au marché entre Etats africains, le libre exercice des droits de trafic et la libéralisation des fréquences "doit permettre de contribuer à l'intégration et à la croissance socio-économique du continent", a-t-il indiqué, estimant que ses bénéfices escomptés dans les domaines du commerce, du tourisme, des investissements transfrontaliers dans les industries de production et de services "à 300 000 emplois directs et des millions d'emplois indirects".

Il a relevé, en outre, que des "progrès tangibles" ayant permis de répondre aux impératifs prioritaires en matière de développement des pays membres ont été réalisés".

Il s'agit de l'initiative présidentielle des champions des infrastructures, visant à développer 10 mégaprojets, dont l'autoroute transsaharienne Alger-Lagos, le câble en fibre optique transsaharien interconnectant l'Algérie au Nigeria, via le Niger, ainsi que le gazoduc transsaharien reliant l'Algérie au Nigeria.

D'autres projets touchants divers domaines visant la satisfaction des besoins humains fondamentaux, dont l'éducation, la santé, l'assainissement, la sécurité alimentaire, le logement, l'eau potable et l'énergie sont en bonne voie de concrétisation.

M. Mayanki a souligné que "certaines décisions et des actions décisives et parfois désagréables (à court terme) doivent être prises", reconnaissant, toutefois, que "plusieurs de ces décisions et actions ont peu de chances de recevoir un large soutien international".

"C'est donc la raison principale qui fait que l'Afrique, des individus aux dirigeants aux niveaux national, régional et continental, doit promouvoir et défendre un nouveau discours sur son propre développement, avec l'engagement de mettre ses propres ressources matérielles et sociales à la disposition de ce développement", a-t-il dit, tout en estimant que "la tâche n'est pas impossible".

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