Maroc: Présence remarquée du Maroc au 32ème Sommet de l'UA

L'Afrique interpellée par les réformes à apporter, les financements à assurer et les tensions à régler

Le 32ème Sommet de l'Union africaine s'est tenu dimanche à Addis-Abeba en présence du Maroc qui a été représenté à ce rendez-vous africain par une importante délégation composée notamment du chef du gouvernement Saad Dine El Otmani et du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita.

La question du Sahara marocain a été évoquée lors de ce sommet par le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat. «Je me félicite de la relance, sous les auspices des Nations unies, du processus de recherche d'une solution au conflit du Sahara», a-t-il souligné jeudi dernier à l'ouverture de la session ordinaire du Conseil exécutif de l'UA.

«Les Marocains doivent se méfier de Moussa Faki, même si dans son discours, il a réitéré la position officielle de l'UA et que le rôle de celle-ci est d'appuyer les efforts du Secrétaire général de l'ONU en application de l'importante décision du 31ème Sommet tenu à Nouakchott en 2018 et lors duquel l'UA avait affirmé que le dossier du Sahara marocain doit être traité exclusivement et uniquement par l'ONU», a mis en garde Moussaoui Ajlaoui, expert associé au Centre d'études pour l'Afrique et le Moyen-Orient (AMES Center) dans une déclaration à Libé avant de rappeler que Moussa Faki était le chef de la diplomatie du Tchad et qu'il avait joué «un rôle négatif lors du Sommet de Kigali en 2016».

Le chercheur marocain a appelé la diplomatie marocaine à redoubler la vigilance pour déjouer les manœuvres de l'Algérie ou de l'Afrique du Sud qui pourraient instrumentaliser le Conseil de paix et de sécurité.

Il a, par ailleurs, mis l'accent sur plusieurs défis auxquels fait face l'UA.

Le premier est celui de la réforme de cette organisation régionale et de ses instances. Selon lui, une commission chargée de cette question a été mise en place en 2016 et présidée par le président du Rwanda Paul Kagamé. Elle avait présenté une proposition de réforme articulée notamment autour de la nécessité de tenir un seul sommet annuel et des sommets extraordinaires le cas échéant et la réduction du nombre des commissions. «La réforme est une nécessité vitale pour l'UA», a expliqué notre interlocuteur. Et de préciser : «Mais cette réforme dépend largement des rapports de force en Afrique. A titre d'exemple, l'Algérie et l'Afrique du Sud ont la mainmise sur plusieurs instances de l'UA telles que le Conseil de paix et de sécurité et la Cour africaine. Est-ce que ces pays sont prêts à céder leur pouvoir ? C'est la grande question et le grand défi pour la réforme».

Le deuxième défi a trait au financement. Selon Moussaoui Ajlaoui, les deux tiers des financements de l'UA proviennent des dons et des aides étrangers. «Ceci constitue une insulte à l'UA et entrave son action». Une taxe de 0,2% sur les importations pour la financer a été proposée, mais elle est difficilement applicable pour le moment, selon lui.

Un article publié par Jeune Afrique et mis en ligne sur son portail vendredi dernier a évoqué cette question en soulignant que «pour éviter de se retrouver dans une situation de trop grande dépendance vis-à-vis des contributions de ses membres ayant les économies les plus florissantes, comme ce fut le cas à l'époque de Mouammar Kadhafi, l'institution panafricaine a entrepris de se doter d'un nouveau barème de contributions. Son principe ? Mieux répartir celles-ci entre les plus grandes économies et les plus petites».

Le troisième défi concerne la mainmise de l'Algérie sur le Conseil de paix et de sécurité et le fait que l'UA est incapable de résoudre les foyers de tension en Afrique.

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