11 Février 2019

Nigeria: 1500 jeunes à l'assaut des prochaines élections générales

Photo: allafrica.com
Le Président Muhammadu Buhari

Ils ont 25, 30 ans, et veulent être député ou président. Au Nigeria, la campagne électorale est marquée par l'arrivée de nombreux jeunes candidats. Ceci est lié à une loi, votée en mai 2018, qui abaisse l'âge des candidats aux élections.

Désormais, il faut avoir au minimum 35 ans pour être candidat à la présidentielle, au lieu de 40, 30 ans pour les aspirants gouverneurs et 25 ans, pour la Chambre des représentants et les assemblées locales.

Seulement les avis sont partagés sur l'impact de cette loi, notamment concernant le renouvellement de la classe politique nigériane.

L'idée de cette loi est d'abaisser de cinq ans l'âge des personnes qui aspirent à être député, sénateur ou candidat à l'élection présidentielle. Et le résultat est là : de nombreux jeunes ont été sélectionnés pour les élections locales et pour la présidentielle de cette année.

« D'après nos bases de données, près de 1 500 jeunes sont dans la course électorale. Ce sont des jeunes qui ont fait des études supérieures.

Les candidats aux assemblées fédérales et au Sénat sont issus du milieu rural », explique Hamza Hawal, membre du mouvement Not Too Young to Run, qui a porté ce projet.

Depuis le 6 janvier, chaque dimanche soir, une émission donne la parole aux jeunes candidats. Le but : leur donner plus de visibilité. Car face aux gros appareils des partis traditionnels, ces candidats ont moins de moyens financiers pour battre campagne.

Ize Onyekpere, le directeur du centre pour la Justice sociale, relativise la portée de cette loi : « Je doute de l'influence de ces jeunes dans la campagne.

Certes, il y a beaucoup de jeunes candidats à ces élections, mais ils sont quasiment tous affiliés à des petits partis politiques qui ont peu de poids et peu de chance de percer.

Donc oui, il y a de jeunes candidats, mais quel est leur pédigrée ? Au-delà de leurs comptes Facebook, et Twitter, combien d'électeurs touchent-ils réellement ?... Ils ne vont pas drainer des millions de voix. »

Pour autant, sur le fond, ces jeunes apportent des propositions concrètes, liées à leurs difficultés au quotidien. Ils promettent un accès à l'eau potable, de meilleurs services de santé ou encore une meilleure gestion du secteur de l'énergie.

Entourée de quelques conseillers, Zainab Umar fait du porte-à-porte. Cette jeune juriste, diplômée de sciences politiques, veut convaincre les habitants de sa circonscription de voter pour elle.

« Je suis candidate au poste de députée pour apporter un impact positif dans ma circonscription, parce que les femmes et les jeunes ne sont pas impliqués dans la prise de décision au niveau de local, explique-t-elle. Si je suis élue, je proposerais des lois pour éradiquer le chômage. »

Zainab Umar sillonne les rues de Kano à bord d'un kekenape, ces motos taxis jaunes à trois roues. Dans son quartier, les jeunes électeurs semblent conquis à l'idée de voir une jeune femme briguer un poste en politique.

« On vraiment l'impression que les politiques qui nous gouvernent à Kano font partie d'une autre époque. Leur mentalité ne colle pas avec l'ère du temps. Nous avons besoin de jeunes candidats et de leurs idées fraîches », estime Hamza Suleiman.

Mais Zainab Umar, jeune politicienne, a peu de moyens : elle doit compter sur les dons de sa famille et de ses amis pour financer ses dépenses de campagne. « La plupart des candidats utilisent de belles voitures pour faire leur campagne.

Moi, je roule en moto taxi. J'ai fait quelques meetings, ce n'est pas évident : il faut payer toute la logistique. Hier, j'ai dépensé presque 200 euros pour mon meeting », explique-t-elle.

Bien loin des grands stades, où les candidats à la présidentielle mènent une campagne grandeur nature, Zainab, elle, reste convaincue que son travail de fourmi portera un jour ses fruits.

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