Cote d'Ivoire: Précampagnes électorales - Une ONG sensibilise les médias à éviter les tensions

11 Février 2019

« Les enjeux et les défis de la paix lors de l'élection présidentielle de 2020 en Côte d'Ivoire ». Ce thème, on s'en doute, préoccupera longtemps les esprits.

A l'initiative de l'Ong allemande Conrad Adenauer, des hommes de médias, acteurs politiques et de la société civile ont tenté de défricher le terrain, lors d'un séminaire, vendredi et samedi derniers, à Bassam.

Entre échanges et conférences, ils ont identifié la période précampagne électorale comme une source grandissante de tensions.

Comme le témoignent, en ce moment-même, les clash verbaux sur le ring politique, à 21 mois des joutes électorales de 2020.

Non légale, car non prévue par les textes, la période préélectorale devient ainsi une réalité dont les politiques usent et abusent. Et au commencement, est le verbe.

« Dès le départ, il faut stopper. Il ne faut pas permettre cette escalade-là. Il n'y a pas de propos qui soient anodins.

Tout est grave. Très tôt, il faut arrêter la violence verbale », diagnostique Nadia Nata, experte en bonne gouvernance, paix et sécurité.

De l'interdiction de meetings par les pouvoirs publics, à l'usage disproportionné des Forces de défense et de sécurité, en passant par un accès jugé discriminatoire aux médias d'Etat, le recours aux moyens de l'Etat, la confrontation, selon Nadia Nata, prend souvent des allures d'une guerre froide, amplifiée par les réseaux sociaux.

Les remèdes pour soigner cette violence sont aussi nombreuses que les sources du mal. Le panel propose, par exemple, que le cycle électoral soit « continu ». C'est-à-dire que l'on doit préparer le futur scrutin, dès la proclamation des résultats du scrutin précédent.

A Bassam, l'on a aussi souhaité la mise en place d'une commission permanente dédiée à la formation au civisme électoral comme en Sierra Léone, voire, la formation continue des acteurs des médias, des politiques et de la société civile. Bassam suggère également la création d'unités spéciales pour la sécurisation des élections, à l'exemple du Togo.

« Normalement, le cycle électoral doit être continu. Mais Dans beaucoup de pays, tout est discontinu. Parfois, on forme les agents électoraux à la va-vite », dénonce Nadia Nata, également observateur électoral.

Le rôle des médias dans tout cela ? L'idéal serait qu'ils censurent les propos violents des hommes politiques. Mais la période préélectorale se confond au quotidien.

Et au quotidien, beaucoup de lecteurs n'achètent les titres que selon leur sensibilité politique, comme un besoin de nourrir leur besoin en adrénaline.

Bassam a ainsi permis de savoir que des lecteurs obligent des journaux dits bleus à afficher l'image de leur mentor politique en quatrième de couverture.

Autrement, ils ne paieraient plus. D'autres lecteurs vont jusqu'à interdire à leur rédaction préférée qu'elle ouvre ses colonnes à des sensibilités politiques rivales. C'est tout dire. A chaque peuple, ses médias, comme à chaque peuple, ses dirigeants ?

Les journalistes présents à Bassam ont signé un code de bonne conduite qui les invite pudiquement à « traquer » la violence et les fakes news. Un code qui, évidemment, n'a de valeur que morale.

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