11 Février 2019

Tunisie: Les grands clubs ne meurent jamais

L'histoire ne le leur pardonnera pas !

Ne seront sauvés, temporairement, que ceux qui ont eu la chance d'avoir des dirigeants qui maîtrisent la gestion et qui parlent le langage de la vérité. A titre d'exemple le président du CSS, en prenant en charge l'équipe, a tout de suite mis en place sa feuille de route. Son équipe a vendu la majorité de ses meilleurs éléments et se trouvait dans l'obligation de remonter sa formation de base. Il n'a, à aucun moment, clamé qu'il visait les titres mais, sans repousser tout signe de la providence, il avait bien précisé en public et à ses supporteurs, qu'il « fallait avoir de la patience ».

Touché mais pas coulé !

Cela nous ramène à ce qui s'est passé au Club Africain. Pris en charge par une équipe qui s'est ingéniée à le couler en le couvrant de dettes, il se devait de se refaire une santé. Qui a raison, qui a tort, cela devient secondaire vis-à-vis des problèmes de tous les jours. La justice fera son travail mais en attendant, la gestion quotidienne n'attend pas. Les créanciers encore moins.

Pour résoudre ses problèmes, le Club s'y est pris d'une drôle de façon. Il a commencé par engager un « directeur sportif » (quelle appellation et pour quelle mission) qui a ramené une nouvelle équipe ramassée un peu partout.

Lorsque l'on s'est aperçu de l'erreur, on s'est mis à la recherche de repreneurs pour alléger un effectif qu'on était incapable de payer et dont on n'avait pas besoin. Entretemps, les menaces de la Fifa se faisaient plus pressantes. Il fallait payer des milliards qui auraient, sans cette aventure vécue lors de l'ère Riahi, permis de monter une formation des plus représentatives. Cette possibilité est évoquée sans tenir compte des jeunes. Ces jeunes qui, en quelques semaines, ont été portés aux nues pour être la cible d'un public trompé et mal informé.

Une situation cauchemardesque

Il a fallu l'intervention de la FTF et d'autres personnalités influentes pour essayer de sauver les meubles, que dire sauver l'équipe de la rétrogradation. Mais... avec l'arrivée de quelques résultats positifs, revoilà le Club Africain qui repart dans ses rêves dorés, alors qu'il est criblé de dettes, qu'il ne dispose que d'une quinzaine de joueurs valides et qu'il peut à peine payer les mensualités de ses joueurs.

Dans ces conditions rocambolesques, avec un effectif fantôme et dont la moitié est à l'infirmerie, voila la Ligue des champions qui redevient à l'ordre du jour. La Coupe de Tunisie et pourquoi pas le titre national sont de nouveau évoqués. Avec quel effectif ? Avec quels moyens humains et financiers?

Les pêcheurs en eau trouble reviennent à la charge et au lieu d'aider le club, ne serait-ce que par leur silence (ils devraient avoir honte), ils refont miroiter les grandes chevauchées et les promesses qu'ils ne pourront jamais tenir même s'ils revenaient aux affaires. Cette lutte intestine, alors que l'équipe est en pleine poisse, s'est encore accrue, lorsque pour expliquer les causes du marasme, on assiste à une véritable charge contre le seul pourvoyeur de fonds actuel. Cette personne a peut-être bien des choses à se reprocher, mais elle a le mérite de soutenir toutes les sections du club et elle le fait de manière effective. Qu'ont payé ceux qui le critiquent d'abord, et qui s'efforcent de mettre en valeur l'incapacité du bureau actuel ? Rien !

Règlement de compte

C'était le comble de l'ironie que de vouloir résoudre les problèmes, en se laissant aller à des déclarations qui ne servent qu'à déboussoler davantage un public, fidèle et qui ne sait plus à quel saint se vouer. Toutes les personnes de bon sens ont fini par comprendre, que loin de vouloir essayer de trouver des solutions pour le club, on était en plein règlement de compte personnel. Aux dépens des intérêts du Club et alors qu'il avait plus que jamais besoin de la solidarité de ses adhérents.

Dans ces conditions, comment être surpris de cette déviation et pourquoi se poser des questions à propos de la malchance d'avoir autant d'anciens dirigeants qui aiment bien tenir le crachoir, mais qui jusque-là n'ont pas sorti une seule fois leur carnet de chèques pour contribuer au sauvetage, que des personnes étrangères au clubs, mais qui se sentent dans l'obligation morale, par solidarité sportive, le font en tendant la main, pour former cette chaîne vitale.

Comment peut-on prendre en main un club aussi endetté, qui ploie sous les menaces de la Fifa sans déclarer ouvertement, que l'urgence est bien de sauver le club en le soulageant d'abord et avant tout de ses dettes ?

Comment les dirigeants actuels s'évertuent-ils à faire croire qu'avec l'arrivée d'un nouvel entraîneur, quelle que soit son envergure, le Club Africain est en mesure de jouer cette année les premiers rôles ?

De qui se moque-t-on et pourquoi à tout prix veut-on créer la scission entre le club et ses supporteurs?

Un supporter, et c'est légitime, veut gagner, veut être champion, mais avec quoi et avec quelle équipe ?

Le langage de la vérité

L'absence de communication est une tare à laquelle n'échappent pas ces jeunes ou nouveaux dirigeants qui oublient qu'un titre est une récompense pour ceux qui ont travaillé.

Et lorsque, on a affaire à des personnes qui rêvent éveillés, on est incapable d'imaginer ne serait-ce qu'un projet de rêve. Bien au contraire c'est le cauchemar qui envoûte tous ceux qui continuent contre vents et marées à soutenir que ce n'est qu'une mauvaise passe, et qu'il faudrait parler à toute la famille clubiste le langage de la vérité.

Cette saison, à notre humble avis, le Club Africain ne devrait avoir qu'un seul et unique objectif : mettre de l'ordre dans sa trésorerie et en finir avec ces maudites dettes pour redevenir ce club fier et conquérant qu'il a toujours été. Avant qu'il ne tombe entre les mains de ces aventuriers qui lui ont fait tant de mal.

Une fois débarrassé de ses dettes, remis sur pied, le moral requinqué et l'ambition retrouvée, on se pressera au portail pour venir le présider !

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