11 Février 2019

Afrique: Al-Sissi à la tête de l'UA - Ça commence mal !

analyse

Ça aura finalement été le véritable événement du 32e sommet de l'Union africaine (UA) qui a clos ses travaux hier lundi à Addis-Abeba.

Ce qui devait être la conférence de presse, qui tient habituellement lieu de cérémonie de clôture, s'est transformé en une simple déclaration du président en exercice entrant, l'Egyptien Abdel Fattah al-Sissi, et du président de la commission, le Tchadien Moussa Faki Mahamat. Les journalistes présents n'ont en effet pas pu poser la moindre question, ce qui est certainement une première dans l'histoire de l'organisation continentale.

Ça commence donc bien pour le Maréchal, qui ne tient sûrement pas en haute estime ces « fouille-merde » qui n'auraient pas hésité à pourrir ses premiers pas par des questions impertinentes.

En réalité, un clou, pour ne pas dire un despote, chasse un autre à la tête de l'institution puisque le nouveau pharaon succède au Rwandais Paul Kagame, qui dirige d'une main de fer son pays depuis près de 20 ans.

Une rotation systématique du bonnet de chef qui pose parfois problème dans la résolution de certaines crises. Comment, en effet, des personnalités qui ne sont pas réputées être des parangons de démocrates, et c'est un euphémisme, peuvent-elles jouer les médiateurs ou même se piquer de donner des leçons quand surviennent des contentieux électoraux ?

On l'a encore récemment vu, à la faveur de la présidentielle en RDC, où l'UA et son désormais ex-président Paul Kagame étaient mal placés pour critiquer le hold-up électoral perpétré par Joseph Kabila pour installer son opposant favori, Félix Tshisekedi. Un Félix Tshisekedi qui aura finalement été l'une des vedettes de cette grand-messe des chefs d'Etat et de gouvernement. Un bleu qui devait sans doute boire du petit lait en accédant à cette enceinte où il est entré par effraction.

Les sommets de l'UA se suivent et se ressemblent pour la plupart, faits d'une litanie de discours aussi soporifiques les uns que les autres, sans que le bien-être des populations africaines s'en trouve amélioré et que les crises et conflits récurrents trouvent des solutions : le péril terroriste, du Sahelistan à la Corne de l'Afrique en passant par le bassin du lac Tchad ; la poudrière libyenne ; la crise centrafricaine et le drame migratoire, pour ne citer que ceux-là, qui sont symptomatiques de l'échec retentissant des princes et roitelets qui nous gouvernent.

Les présidents en exercice promettent donc, s'agitent comme ils peuvent pendant un an, ce qui doit paraître bien court pour des dirigeants habitués à s'accrocher à leur fauteuil, avant de passer la main à un homologue, et la joyeuse sarabande continue.

Alors qu'on doute de son intérêt pour le continent noir, celui qui se présente comme l'héritier de Nasser entend ainsi développer les infrastructures, accélérer l'entrée en vigueur de la zone de libre-échange continentale ou encore créer des pôles d'emploi pour la jeunesse africaine, ce qu'il n'est d'ailleurs pas parvenu à faire chez lui.

De toutes les façons une année, c'est vite passé et on est bien curieux de savoir quel bilan le Maréchal présentera dans un an quand il passera le témoin au Sud-Africain Cyril Ramaphosa.

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