11 Février 2019

Afrique: 32e sommet de l'UA - Félix Tshisekedi stigmatise la convoitise extérieure des ressources naturelles de son pays

Le cinquième président de la République démocratique du Congo (RDC) a tenu à mettre en garde, du haut de la tribune de l'organisation panafricaine, contre toute velléité de prédation des richesses de son pays au détriment de sa population.

Le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo était, le 10 février, au centre d'attention à l'ouverture du 32e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine (UA), à Addis-Abeba. L'occasion lui était donnée, en tant que nouveau membre, de s'adresser à ses pairs africains ou mieux, de les édifier sur sa vision de l'alternance démocratique et, surtout, sur sa perception des enjeux économiques qui placent son pays au coeur de ceux-ci au niveau planétaire, en raison de son énorme potentiel naturel.

Une opportunité que n'a pas laissé filer le chef de l'Etat, qui a tenu à mettre en garde contre toute velléité de prédation des ressources naturelles de la RDC, au détriment de sa population. Félix Tshisekedi a tiré la sonnette d'alarme pour que cesse cette forme d'exploitation des richesses de son pays servant juste les intérêts des multinationales.

La RDC, a-t-il insisté, ne peut pas continuer d'être victime de ses ressources naturelles. « Notre pays a tant souffert depuis qu'il est Congo. Les guerres meurtrières que nous avons vécues devraient interpeller toute l'Afrique et la conscience internationale afin de ne point favoriser ni sponsoriser toute tentative susceptible de faire revivre au peuple congolais les mêmes atrocités que nous ne cessons de décrier depuis plus de vingt ans. Il n'est donc plus acceptable que mon pays, le Congo, continue d'être indéfiniment victime de la convoitise de ses immenses ressources naturelles », a-t-il lancé devant le parterre des chefs d'Etat présents à Addis-Abeba. Le président congolais ne ferme cependant pas la porte aux éventuels investisseurs qui seraient intéressés par la mise en valeur de ces richesses tout en insistant sur le partenariat gagnant-gagnant au travers duquel la RDC pourrait apporter sa contribution pour le bien-être de l'Afrique et du reste du monde.

"Tous les pronostics du chaos en RDC démentis"

Sur le plan strictement politique, Félix Tshisekedi s'est appesanti sur l'alternance démocratique intervenue dans son pays, félicitant au passage la maturité politique du peuple congolais. « Les élections qui ont eu lieu le 30 décembre 2018 consacrent la toute première alternance démocratique et pacifique du pouvoir depuis notre indépendance et ce, dans le respect de la Constitution. Cette passation pacifique du pouvoir entre le président sortant et le dirigeant du plus ancien parti d'opposition a démenti tous les pronostics du chaos annoncé à l'issue de ces élections. Elle est la preuve de la maturité politique de notre peuple »,s'est-il félicité.

Une manière pour lui de convaincre encore quelques esprits sceptiques sur la légitimité de son élection qui, de son point de vue, augure une nouvelle ère politique en RDC. Partant de cet acquis démocratique, il croit le moment venu de consolider la paix et la sécurité, de combattre les antivaleurs, de construire un Etat de droit, de renforcer la politique de bon voisinage et du règlement pacifique des différends, de neutraliser la nébuleuse des groupes armés qui massacrent et sèment la mort ainsi que la désolation dans certaines contrées du pays, tout particulièrement à Beni et à Butembo, dans le nord-est.

Il est à noter que dans son discours, Félix Tshisekedi n'a pipé mot sur la controverse suscitée par son élection à la tête du pays. Il en est de même pour les chefs d'Etat africains. Moussa Faki Mahamat et Paul Kagame, qui avaient pourtant émis de « sérieux doutes » sur les résultats de la présidentielle du 30 décembre, ont finalement félicité « chaleureusement » le nouveau président congolais.

Pour sa première sortie au niveau de l'organisation africaine, Félix Tshisekedi a convaincu son monde. C'est naturellement que ses pairs l'ont porté à la deuxième présidence du bureau de l'UA, la première vice-présidence étant assumée par le Sud-Africain Cyril Ramaphosa. Ces deux personnalités vont dorénavant œuvrer sous le leadership de l'Egyptien Al-sisi élu président de l'UA pour une année, en remplacement du Rwandais Paul Kagame.

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