Mali: Union africaine - Ibrahima Boubacar Keita hérite des questions de culture et d'héritage

Lors du sommet de l'Union Africaine à Addis-Abeba, le président malien a été consacré, comme Champion de l'Union Africaine(UA) pour les questions de culture et d'héritage. Selon Ibrahima Boubacar Keita(IBK), c'est la première fois dans son histoire que l'UA nomme un champion pour un domaine si vaste et si complexe.

«Affirmer que nous vivons une époque troublée, dans un monde brumeux ou de clair-obscur, comme dirait Antonio Gramsci, constitue un truisme.

En effet, en proie à des mutations de tous ordres, balloté de toutes parts par des changements profonds qui affectent diverses sphères, notre monde connaît une crise du sens, un sens compris comme signification et direction», indique IBK dans son discours.

Selon lui, la mise en perspective des cultures s'en trouve, plus que jamais, placée sous le signe de l'actualité.

«A dire vrai, l'importance de la problématique culturelle n'a pas échappé à la sagacité de nombre de nos illustres devanciers.

Les Présidents Modibo Keita, Léopold Sedar Senghor, Mwalimu Julius Nyerere, Kwame Nkrumah, Jomo Kenyatta, Sa Majesté le Roi Mohamed V, l'Empereur Hailé Sélassié pour ne citer que quelques-uns des pères fondateurs de l'OUA sont de ceux-là qui ont eu à cœur de mettre en exergue l'importance de la culture, des arts et du patrimoine dans le combat des peuples africains pour la liberté, la dignité et la paix», dit-il.

Nourris aux sources du panafricanisme, poursuit-il, familiers des thèses de Blyden, William DuBois, Cheikh Anta Diop, Frantz Fanon, ces héros de l'indépendance avaient compris que la libération politique serait fortement compromise si elle n'était accompagnée d'une libération culturelle.

«Dans votre décision de rehausser le rôle de la culture dans le processus de développement de notre continent, je veux voir une reconnaissance du caractère visionnaire de ces devanciers chantres de la renaissance culturelle et le souhait de porter plus haut leurs messages», note-t-il.

Au-delà de leur célébration, au-delà de la reconnaissance de la centralité et de la modernité de la problématique culturelle, indique Ibrahima Boubacar Keita, je veux voir dans ma désignation à cette charge votre ambition d'approfondir et d'élargir les nombreuses initiatives impulsées par l'organisation dans le domaine culturel.

«Pour me limiter à celles-là auxquelles le Mali a été partie prenante, comment ne pas évoquer la Charte de la Renaissance Culturelle Africaine adoptée en 2006, la création de l'Académie Africaine des Langues qu'abrite le Mali depuis 2006, le soutien apporté par l'UA à la sauvegarde et à la conservation des manuscrits de Tombouctou ?

Comment ignorer de quel poids a pesé l'UA dans l'inscription de biens africains sur la Liste du Patrimoine mondial et dans l'animation scientifique du Comite éponyme ?», souligne IBK.

Toujours dans son intervention le président malien a fait savoir qu'il veut engager l'Union Africaine à organiser un grand rendez-vous mondial pour célébrer les arts de notre continent, ses cultures et ses patrimoines.

«Il va de soi que pour mener à bien ces quelques tâches, votre désormais Champion de l'Union Africaine a besoin de la collaboration et de l'appui de chacun d'entre vous. Voilà pourquoi j'entreprendrai sans tarder des consultations pour identifier, au niveau de nos sous-régions, des pairs qui permettront d'avoir un effet multiplicateur», note-t-il.

A cet égard, dit-il, la décision prise par la France de restituer à notre continent les œuvres d'art issues du génie créateur de nos peuples mérite d'être saluée en ce qu'elle marque peut-être un nouveau rapport au monde.

«Je veux croire que les uns et les autres travailleront sans relâche, avec ardeur, car conscients que le développement durable auquel nous souscrivons tous, consiste en dernière analyse, à promouvoir le développement de tout l'Homme, de tous les Hommes», conclut-il.

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