Congo-Kinshasa: Matadi - Les agents de la SCTP en grève

Il est curieux de constater l'afflux des grèves dans plusieurs grandes institutions publiques depuis l'avènement du nouveau Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, au pouvoir il y a moins d'un mois. Les délégations syndicales font dorénavant parler d'elles.

Il s'agit, pour la dernière, de la Société de Transport du Congo, Transco, peu après, la Sonas et quelques autres entreprises publiques qui continuent d'emboîter le pas. Cette fois-ci, c'est au tour des agents de la SCTP de revendiquer non seulement les 14 mois d'impaiement mais plus, ils exigent le départ immédiat de leur DG, Daniel Mukoko Samba, ainsi que l'ensemble du comité de gestion de cette institution.

Cette grève a été déclenchée le 31 janvier 2019, quand tout s'est arrêté au port. Pour manifester leur colère, ces agents ont brûlé des pneus, comme cela se passe si souvent dans le pays lors des tensions populaires. Ils ont également barricadé d'autres entrées des services parallèles à la SCTP notamment, celles de l'OCC, la DGDA, l'OGEFREM et autres, pour empêcher aux agents desdites entreprises de ne pas travailler comme il se doit, loin d'imaginer le fait que cet acte pourrait engager d'énormes pertes et manque à gagner pour tous. Pourtant, ces agents ont touché le solde de leur gratification pas plus tard que la semaine passée. Malheureusement, cela n'a pas calmé la tempête et ces derniers sont remontés au créneau pour crier à la révocation pure et simple du DG Mukoko.

A cet effet, ce groupe syndical a effectué une marche dans le but de contester l'autorité de leurs dirigeants. La caravane qui conduisait les manifestants a parcouru quelques grandes artères de la ville de Matadi pour chuter à la place Ami-Congo.

Une scène lugubre a été aussi observée car, ces activistes ont fabriqué un cercueil et y ont introduit l'effigie de Daniel Mukoko, comme pour l'enterrer définitivement et l'écarter de leur chemin. Tout cela, en présence des agents de l'ordre bien entendu, impuissants de réagir. Et, les navires accostant au port n'ont pas été déchargés. Entretemps, le Gouverneur de la province du Kongo-Central ayant rejoint ces agents pour essayer de calmer les esprits n'a dû récolter que l'échec.

Calme à Boma

A Boma, une autre ville portuaire, l'atmosphère est plutôt calme. D'autant plus que les agents de ce port continuent, tant soit peu, à vaquer à leurs occupations en bonne et due forme. Cela a beaucoup déplut leurs collègues de Matadi qui, eux, condamnent avec force ce manque d'unité, comme l'a laissé entendre un membre de cette délégation syndicale. Jusque-là, ces syndicalistes restent figés et attendent plutôt le dernier mot du tout nouveau chef de l'Etat élu, car, d'après eux, ce dernier pourra trouver des solutions solides et immédiates.

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