11 Février 2019

Tunisie: Nuit de terreur au Kram

Plusieurs jeunes se sont déplacés du Kram-Ouest au Kram-Est, à proximité du CinéVog, où de violents accrochages ont eu lieu avec des jeunes habitants de la place. Obligés à se retirer dans une première phase en raison de la résistance de ces derniers, ils revinrent à la charge quelques moments après l'arrivée des renforts.

En effet, quelques minutes après, une quarantaine d'autres jeunes munis de pierres et de bâtons ont traversé, aux environs de 21h, en toute quiétude et en l'absence des forces sécuritaires, les deux grandes artères du Kram-Ouest (Avenue El Montazah) et celle du Kram-Est (rue Bouzayane) pour le baroud d'honneur qui devait avoir lieu à la place bien connue des Kramistes sous l'appellation de Aston-Villa.

L'alerte a été donnée à temps et les gens ont bien fait de rentrer chez eux. Les commerces ont fermé mais certains véhicules n'ont pas échappé à la grogne des jeunes survoltés. Le résultat, des vitres brisées et certains conducteurs ont été obligés à rebrousser chemin devant les scènes d'une violence inouïe. Le « couvre-feu » a été imposé aux habitants qui suivaient à partir des toits de leurs maisons ces jeunes qui réclamaient la liberté de l'un des leurs et vociféraient des injures et criaient à plein gosier.

Un conducteur a été pourchassé par la foule en colère parce qu'il a refusé de transporter à l'hôpital de La Marsa l'un des jeunes qui a été blessé dans la première bagarre. Et c'est sous une pluie de pierres qu'il a pris la fuite.

L'arrivée des unités sécuritaires a très vite dissipé les peurs des habitants qui craignaient le pire. Très vite, et comme par enchantement, les jeunes révoltés se sont retirés et ont pris la fuite mais d'aucuns ne pensaient plus mettre les pieds dehors en raison de l'insécurité qui régnait. Ils ont préféré passer la soirée bien au chaud à la maison.

La violence dans la ville du Kram encore et toujours. On est dans la continuité qui fait beaucoup de mal. Pas de poste de police ou un pôle sécuritaire relevant de la police et de la garde nationale qui puisse éventuellement réprimer la montée de la criminalité dans cette région. L'une des sources policières qui a préféré garder l'anonymat nous a confié que les unités de police ne pouvaient intervenir rapidement et efficacement dans de pareilles situations. C'est une question de restructuration et de moyens. « On ne peut leur demander plus », a-t-il conclu. Oui mais jusqu'à quand cela va-t-il durer ?

Tunisie

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