Sénégal: Escalade de la violence électorale - Quand les politiques attisent le feu !

12 Février 2019

Des violences verbales à la violence physique entraînant mort d'hommes, la campagne électorale 2019 a fini de dérouter la présidentielle de février 2019. Petit rappel des points saillants qui justifient l'escalade d'hier, à Tambacounda, et qui ne dédouanent pas la classe politique, pouvoir comme opposition.

Une semaine après l'ouverture de la campagne pour février prochain, la violence électorale commence à dégénérer.

Et pourtant, même si la situation préélectorale ne présageait pas une violence aveugle comme celle de Tambacounda hier, lundi, des prémices sous forme de détonateurs avaient été notés ici et là avec le refus d'ouvrir Dakar Aréna au candidat Issa Sall pour la tenue de son congrès d'investiture.

La visite d'un gendarme, finalement rattrapé par la justice, au domicile de la famille d'Ousmane Sonko à Ziguinchor n'est pas aussi pour alléger la situation.

Le refus de l'édile de la ville d'autoriser le candidat du Pur à tenir son meeting de clôture au stade Alassane Djigo de Pikine semble également participer de la même montée des périls.

La violence électorale a cependant commencé à prendre une proportion inquiétante avec l'attaque hier, lundi 11 février, du convoi des journalistes qui accompagnent le Parti de l'unité et du rassemblement (Pur).

Auparavant, une bataille rangée entre militants de l'Apr et des proches du candidat Issa Sall ont occasionné une perte en vie humaine. Un drame auquel est venu s'ajouter la mort d'un conducteur de moto Jakarta fauché par une voiture, au moment de l'attaque du bus de la presse.

Ces évènements ont été précédés par l'attaque subie, dimanche, par des militants du Pastef d'Ousmane Sonko à Mbour et à Fatick. Avant cela, le quartier général d'Ousmane Sonko à Yoff (Dakar) avait été visité par des hommes non identifiés.

L'attitude et le discours des hommes politiques a contribué, à dire vrai, à verser de l'huile sur le feu En effet, avant l'ouverture de la campagne présidentielle, le ministre du Tourisme, Mame Mbaye Niang, a avoué avoir recruté une centaine de jeunes soi-disant agents de sécurité.

Dénommés les « marrons du feu », ces « gros bras » sont censés assurer la sécurité présidentielle, en dépit des forces de l'ordre préposées à la tâche.

Les dérapages verbaux ont alors sonné comme une invite à la violence électorale et dans ce lot, Me Abdoulaye Wade, candidat non officiel qui s'est offert une place dans la campagne, n'a fait qu'accentuer la pression électorale.

Ayant invité dès son retour au Sénégal, jeudi dernier, ses souteneurs à brûler des bulletins de vote et à bloquer la tenue du scrutin, il a sans aucun doute sa part de responsabilité dans l'escalade de la violence.

D'ailleurs, à la suite de cette sortie controversée, aucun des candidats en compétition n'a eu à condamner l'appel tendancieux de Me Abdoulaye Wade. A part le candidat de la coalition Madické 2019.

Pis, loin de calmer, le jeu, certains candidats ont bandé les muscles contre les attaques perpétrées contre leurs militants. A l'instar de la « Coalition Sonko Président » qui a demandé à ses militants de faire face avant-hier, après l'attaque subie à Fatick.

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Plus de: Sud Quotidien

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