12 Février 2019

Sénégal: Tamba - Lundi d'affrontements causant 2 morts, le film des événements

Journée de lundi électrique à Tambacounda. Des affrontements violents ont opposé les militants de Bennoo Bokk Yaakaar et les éléments de sécurité du Pur, occasionnant la mort de deux personnes.

La procession du candidat Issa Sall a été violemment prise à partie et a eu du mal à sortir de la ville de Tamba, prise en étau qu'elle était par des bandes de jeunes qui voulaient lui faire la fête.

Les journalistes ont été victimes des dégâts collatéraux avec trois blessés dont deux grièvement. Récit d'une bataille rangée ayant débouché sur une course-poursuite à travers Tamba, sur fond de violence électorale.

C'est vers 8 h 45 que des militants du Pur d'Issa Sall et des partisans de la coalition présidentielle Benno Bokk Yaakaar ont commencé à se confronter. Pour une question d'affichage. Les uns avaient posé des affiches que les autres sont venus déchirer et les protagonistes s'accusaient mutuellement.

Cela n'avait toutefois pas dérapé et la situation s'est calmée très vite. Malheureusement, contre toute attente, les évènements allaient prendre une autre tournure peu après 10 heures du matin, au moment où le cortège du candidat Issa Sall s'apprêtait à quitter les lieux, occupés par les journalistes et autres militants du convoi du Parti de l'unité et du rassemblement (Pur).

Les incidents commencèrent par des attaques verbales à l'encontre des journalistes sur place. C'est dans ce mélimélo que la situation a dégénéré. Et voilà, c'est le sauve qui-peut général. Une bataille rangée avait été déclenchée.

Peu de temps après, le cortège de El Hadji Sall a quitté les lieux par la persévérance des hommes de sécurité du Pur qui ont conduit le cortège jusqu'à l'hôtel Niji, non loin des lieux où le candidat a passé la nuit, laissant le reste de la délégation dans une insécurité totale.

Quelques minutes plus tard, l'on annonce qu'un militant de la coalition présidentielle, poignardé, a rendu l'âme.

C'est dans cette situation regrettable que des jeunes, venus de nulle part, ont rejoint l'hôtel Niji où le cortège s'était positionné pour faire le point au leader de «Pur 100». Ils commencèrent alors à jeter des pierres. Le cortège s'est empressé de quitter la ville pour Bakel.

A hauteur du quartier pont, le cortège du Pur a été bloqué par les jeunes de Bby qui s'étaient lancés dans une sorte d'opération-vengeance à la suite de la mort d'un des leurs. Ils ont allumé du coup des feux pour barrer la route. Un groupe de gendarmes dans une camionnette s'est alors positionné sur les lieux.

Mais rien n'a bougé. Sur le front, malgré la diligence du dispositif de sécurité du candidat Issa Sall, le cortège s'est trouvé coincé et dans une situation inconfortable.

Malgré tout, il parvient à se dégager pour continuer sa route mais moins d'une heure de temps après, il a été stoppé net à hauteur du pont Saraba, situé sur l'avenue Léopold Sédar Senghor, dans le quartier Abattoir.

L'Intifada s'est poursuivi alors entre la sécurité du président El Hadji Sall et les jeunes du quartier, déterminés à se faire justice après la mort de l'un des leurs. Finalement, le cortège a fini par faire demi-tour pour poursuivre sa route vers Bakel.

Ce que les jeunes ne voulaient pas entendre. Ils prendront ainsi des motos jakarta pour se lancer à la poursuite du cortège du Pur, sorti de la ville quelques minutes plus tôt. La sécurité du cortège a pris des dispositions en stoppant net certaines voitures du cortège, le temps de mettre en position tous les véhicules.

UN JAKARTAMAN MEURT, ECRASE PAR UNE VOITURE

Les jeunes Jakartamen vont de suite devancer le cortège. Une situation qui a inquiété bon nombre d'entre nous. Après la mise en place de tout le cortège, la sécurité autorisa le départ sur le champ pour Bakel, la piste empruntée pour quitter les lieux étant en latérite.

C'est ainsi que le cortège s'est ébranlé sous des jets de pierres des jeunes Jakartamen, une situation confuse ayant entrainé les chauffeurs du cortège à accélérer. D'ailleurs, c'est sous une poussière indescriptible que le cortège a heurté un des jeunes, tombé d'un jakarta, causant sa mort.

Après quelques minutes de vitesse, le chauffeur du second véhicule (un mini car) a perdu le contrôle et a heurté la voiture qui le devançait.

Des journalistes et chauffeurs sont victimes du choc. Ibrahima Khalil Sène de Igfm est gravement atteint, ainsi que le chauffeur, un cameraman de Seneweb et d'autres membres de la presse légèrement blessés.

Dans un esprit de solidarité, le second véhicule s'est arrêté dans une situation indescriptible pour prendre les autres confrères coincés dans la première voiture qui est par suite saccagée et incendiée.

Tout le monde s'embarque dans le petit mini car de 13 places. Certains montent sur les porte-bagages pour sauver leur peau. Et c'est ainsi que le chauffeur roula aussi rapidement que possible pour sortir de la zone.

LES JOURNALISTES PRIS POUR CIBLE ET SAUVES PAR LES GENDARMES

A dix kilomètres de Tamba, nous dépassons un village appelé Botou mais la situation des blessés est telle que nous sommes obligés de descendre du véhicule pour les ramener au poste de santé de Botou. C'est là que peu de temps après, certains Jakartamen nous ont trouvés.

Pour se prémunir de la violence ambiante, les journalistes sont obligés de se réfugier daredare dans les maisons environnantes. Ce n'est qu'une heure après que trois agents de la gendarmerie, dans une voiture pick-up sont venus sur place pour s'enquérir de notre situation.

Quelques minutes après, une camionnette de la gendarmerie est venue sur les lieux pour nous escorter jusqu'au centre de santé où avaient été hospitalisés les blessés.

Sur place, une fois remplies les formalités d'usage avec la gendarmerie, les blessés seront évacués sur Tamba. Jusqu'aux environs de 19 heures, le candidat El Hadji Sall n'était pas sur les lieux (poste de santé de Botou) pour s'enquérir de la situation des blessés puisqu'il s'était ébranlé en direction de Bakel.

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