12 Février 2019

Congo-Brazzaville: Enseignement - Davantage de vigilance et de rigueur dans la lutte contre les faux diplômes

Deux candidats, déclarés admis au concours de l'Ecole nationale d'administration et de magistrature (Enam), ont par la suite été disqualifiés pour avoir présenté des faux diplômes de licence et de master. L'ampleur du phénomène appelle au démantèlement des réseaux de falsification et à l'application stricte des dispositions punitives prévues par la loi en cas de "faux et usage de faux".

« En application des règlements portant organisation des concours à l'Université Marien-Ngouabi, le jury prononce l'annulation de l'admission de deux candidats », peut-on lire sur la note signée du président du Jury, Parisse Akouango, professeur titulaire Cames, et du maître de conférences, Timoléon Andzi Barhe, en qualité de rapporteur.

Les fraudeurs ont brillamment passé les épreuves au point d'être déclarés admis au parcours magistrature. Le comité d'authentification des diplômes de l'université Marien-Ngouabi a détecté l'irrégularité des documents présentés par ces derniers. Le jury a alors appliqué le règlement qui, en la matière, prévoit l'annulation de l'admission. Ainsi, les deux premiers, sur la liste des échoués, ont finalement été repêchés en remplacement des deux fraudeurs.

Au sein de la Fonction publique, les cas de faux diplômes sont révélés. Il y a des agents qui, en quête de promotion et d'augmentation de salaire, n'hésitent pas à recourir aux documents falsifiés. Des irrégularités qui affectent lourdement les finances publiques. D'autres citoyens mal intentionnés, à la recherche de l'emploi dans le secteur privé, font la même chose sans acquisition de compétences et d'aptitudes particulières, oubliant qu'une telle pratique peut conduire à l'annulation du contrat de travail pour dol (manoeuvres frauduleuses destinées à tromper).

« Nous savons aujourd'hui qui a fait usage des faux diplômes », déclarait l'inspecteur général des services administratifs à la Fonction publique, Gabriel Moussiengo, lors du lancement des travaux du comité interministériel pour la mise en œuvre des conclusions du recensement des agents civils de l'Etat, conformément aux instructions du président de la République, Denis Sassou N'Guesso. « Des directives ont été données au gouvernement pour la prise des mesures appropriées, à l'effet de traiter, sans atermoiements, les irrégularités constatées », indiquait le président de la République dans son message sur l'état de la nation, le 29 décembre dernier, devant le parlement réuni en congrès. Un appel à la lutte sans merci contre les antivaleurs.

Faux diplômes, un pari risqué

Le motif d'annulation de l'admission des deux candidats au concours de l'Enam est juridiquement qualifié de « faux et usage de faux ». Les juristes s'accordent à définir l'usage de faux comme le fait, pour une personne, d'utiliser un document falsifié à dessein et en toute connaissance de cause afin de retirer les bénéfices auxquels donnerait droit le document original. La fabrication ou l'usage d'un faux sont donc des délits punis par la loi. Le code de procédure pénale fait état d'amende allant de trois cent mille francs CFA à cinq millions et d'emprisonnement d'un mois à trois ans.

En 2017, le ministre de l'Enseignement primaire, secondaire et de l'alphabétisation, Anatole Collinet Makosso, avait annoncé que le gouvernement devrait ouvrir une information sur les faux diplômes délivrés depuis des années au Congo. Dans le cadre de cette lutte, la punition prévue par la loi est un facteur dissuasif important tout comme le dispositif pour détecter les faux diplômes. L'autre pas important, c'est le démantèlement des réseaux de falsification. Une manière d'attaquer le mal à la racine.

Il convient de rappeler que les diplômes falsifiés ne sont pas uniquement conçus sur le territoire national. Certains témoignages indiquent qu'ils viennent aussi de l'extérieur concernant certains cadres formés à l'étranger. Il est ainsi question de redoubler de vigilance et de rigueur pour ramener les choses à l'ordre car, la complaisance ne fera qu'empirer la situation.

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