14 Février 2019

Centrafrique: En RCA, l'ONU rappelle la nécessité de consolider la paix et de relever le pays

Une délégation onusienne de haut niveau a entamé mercredi une mission de trois jours en République centrafricaine (RCA) pour réaffirmer son appui à la consolidation de la paix dans le pays.

La Sous-Secrétaire générale pour l'Afrique au Département des opérations de paix, Bintou Keita, le Sous-Secrétaire général pour l'appui à la consolidation de la paix, Oscar Fernandez-Taranco, et l'Ambassadeur du Maroc à l'ONU et Président de la 'Configuration République Centrafricaine' de la Commission de la consolidation de la paix des Nations Unies, Omar Hilale, ont rencontré à Bangui le Président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra.

La visite de cette délégation intervient une semaine après la signature à Bangui d'un accord de paix entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés. Un accord qu'a salué mercredi le Conseil de sécurité qui y voit « un pas important vers une paix et une stabilité durables en RCA et la restauration complète de l'autorité de l'État dans tout le pays ».

Lors de leur rencontre avec le chef d'Etat centrafricain, la délégation onusienne a réaffirmé l'appui politique et l'accompagnement financier et technique par la communauté internationale de l'accord signé entre le gouvernement et les groupes armés.

A l'instar du Secrétaire général de l'ONU, le Conseil de sécurité a exhorté les parties centrafricaines à appliquer l'accord de paix et souligné qu'il suivra de près son évolution. « Il est important que la mise en œuvre se fasse de manière transparente et avec la participation des organisations de la société civile, y compris des femmes et des jeunes », ont souligné les membres du Conseil.

L'accord de paix doit être disséminé et expliqué

Un constat partagé par la délégation onusienne présente à Bangui, pour qui le contenu de l'accord doit être disséminé et bien expliqué à tous les Centrafricains. « De la compréhension de l'accord dépendra aussi la gestion des attentes et des impatiences » des populations, a dit Mme Keita.

Dans le contexte de la signature de l'accord, la délégation onusienne a souligné les bienfaits d'une consolidation de la paix réussie.

« Le processus de paix en cours en RCA peut être appuyé par le Fonds pour la consolidation de la paix », a pour sa part déclaré M. Fernandez-Taranco. Créé en 2005, le Fonds pour la consolidation de la paix permet un octroi rapide et flexible de ressources financières pour lancer des activités de consolidation de la paix urgentes.

Entre 2008 et 2018, le Fonds a ainsi soutenu 45 projets en RCA - notamment dans le processus électoral et la réhabilitation des écoles de formation de la police de la gendarmerie à hauteur de 71,4 millions de dollars.

Au cours de sa mission de trois jours, la délégation onusienne participera à des sessions de travail avec des membres du gouvernement centrafricain pour discuter du processus électoral et du plan de relèvement et de consolidation de la paix.

La délégation rencontrera également des représentants de la société civile, y compris des femmes et des jeunes, acteurs indispensables de le la consolidation de la paix. Car les financements accordés par le Fonds pour la consolidation de la paix « sont basés sur l'appropriation nationale et l'inclusivité », a souligné M. Fernandez-Taranco.

Si le Conseil de sécurité a accueilli avec satisfaction l'accord de paix, il a toutefois prévenu que ce dernier ne peut fonctionner sans la cessation des hostilités. Ses membres ont ainsi exhorté les groupes armés à cesser toute forme de violence à l'encontre des civils, des soldats de la paix et du personnel humanitaire de l'ONU, tout en soulignant l'urgence de mettre en œuvre efficacement le programme de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement des autorités centrafricaines.

Par ailleurs, l'accord de paix signé à Bangui ne signifie pas pour autant que les exactions commises sont oubliées. Pour les membres du Conseil, les responsables de violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme doivent rendre des comptes. Ils ont souligné que la lutte contre l'impunité doit également être abordée par le biais des mécanismes de justice transitionnelle, de manière à contribuer aux efforts de réconciliation nationale durable.

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